Lors de la réunion du conseil d’administration de l’AECNESSS du 17 septembre 2003, notre président Gérard Arcéga a confié à notre collègue Hervé Castre, délégué régional de la région Nord-Pas-de-Calais, le soin de piloter un groupe de travail sur le thème des modalités de sélection et de désignation des directeurs et agents-comptables.
Ce groupe était composé de Catherine Mabileau, Jean-Pierre Picaud et Yvon Galbois, auxquels se sont joints pour l'exploitation Clarisse Mitanne, Emmanuel Gouault, Gilles du Boisrouvray et Stéphane Rincourt.
Le groupe de travail a conçu un questionnaire afin de recueillir l’avis des anciens élèves, puis a exploité les résultats.
Le questionnaire élaboré par ce groupe a été diffusé à plus de 600 exemplaires par les délégués territoriaux de l’AECNESSS entre début février et fin mars 2004.
Le questionnaire a également été mis en ligne sur le site de l’AECNESSS .
160 questionnaires ont été retournés, ce qui donne un taux de réponse de plus de 26 %.
Lors de l’Assemblée Générale du 2 avril, les premiers résultats portant sur l’exploitation des questions fermées ont été exposés en présence des responsables RH de 3 caisses nationales (CNAM,CNAF et ACOSS) et du Directeur d’ORGANIC.
Entre-temps, l’actualité nous a rattrapés avec l’adoption en première lecture par l’Assemblée Nationale de la Loi sur l’assurance maladie (modification des articles L.217.3.1, L .217.6). La connaissance de l’avis des anciens élèves reste toutefois une base passionnante à partir de laquelle l’Association peut conforter sa doctrine.
Je vous prie de trouver ci-joint le rapport réalisé par l'Association des Elèves et Anciens Elèves de l'En3s (CNESSS), intitulé :
Lors de sa séance du 17 septembre 2003, le conseil national de l’AECNESSS a confié la réalisation d’une étude sur les modalités actuelles de désignation et de nomination des agents de direction à un groupe de travail piloté par Hervé Castre. Le questionnaire élaboré par ce groupe a été diffusé à plus de 600 exemplaires par les délégués territoriaux de l’AECNESSS entre début février et fin mars 2004, et a également été mis en ligne sur le site de l’AECNESSS.
160 questionnaires ont été retournés, ce qui donne un taux de réponse de plus de 26%. A l'heure où une importante réforme de la gouvernance se met en place dans la Branche maladie, cette enquête présente un intérêt accru.
On observe d'ailleurs que les réformes introduites en 1996, défendues alors par notre Association, et combattues par les organisations syndicales, sont aujourd'hui présentées par la plupart des intervenants comme un modèle d'équilibre entre les pouvoirs attribués aux Conseils d'administration, et ceux pris par les organismes d'Etat.
Notre Association n'a pas changé d'avis, et constate que les mesures prises à l'époque ont permis de moraliser davantage les pratiques de nomination, sans trop aggraver les difficultés de la mobilité inter branches, et tout en préservant la nécessaire marge de manœuvre des cadres dirigeants de terrain.
Malgré tout, on a noté un relatif désappointement des autres agents de direction, qui ont vécu cette réforme comme un obstacle supplémentaire à leur possibilité d'accès à des postes de pleine direction, contribuant ainsi à un éclatement des équipes, aggravée encore par les mesures prises à l'occasion de la mise en œuvre de la réduction du temps de travail.
Notre Association n'était pas demandeuse d'une évolution visant à donner plus de pouvoir aux directeurs de Caisse nationale, dans la mesure où cette démarche constitue cette fois une rupture avec la culture d'entreprise de l'Institution, et non plus seulement une évolution de ses pratiques, rupture qui peut porter atteinte à l'autonomie de gestion des organismes.
Mais force a été de constater que le départ des représentants des employeurs a ôté beaucoup de la légitimité qu'avaient les conseils à nommer les dirigeants des caisses, et que le retour du MEDEF ne se fait pas dans des conditions permettant de redonner aux administrateurs un rôle dans la gestion équivalent à celui qui était le leur dans le passé.
En tout état de cause, les pouvoirs publics on crut devoir franchir le pas et donner tout pouvoir au Directeur du futur organisme national de la Branche maladie dans la gestion de nos carrières, en conservant toutefois les structures existantes, Liste d'aptitude et Comité des carrières. Dans ces conditions, l'AECNESSS croit plus cohérent d'en faire de même pour toutes les Branches, et sera donc très vigilante quant aux conditions de désignation et surtout de mutation des cadres dirigeants.
Notre enquête conforte ce point de vue, puisque les modalités de désignation des directeurs et agents comptables introduites par la réforme Juppé en 1996 paraissent meilleures que celles qui prévalaient antérieurement, à savoir la désignation par le conseil d’administration, pour 50% des personnes interrogées, en raison notamment de la limitation des influences locales et syndicales, d'une plus grande objectivité et plus grande neutralité.
Malgré tout, si une majorité estime que le système est meilleur, une autre majorité estime qu’il n’offre pas toutes les garanties pour que le meilleur candidat soit retenu (47,7%), ce qui démontrerait que des marges de progrès existent encore pour ceux qui exercent ces importantes responsabilités. 78,9% des personnes interrogées n’ont d'ailleurs pas une perception claire de la politique de gestion des carrières de leur organisme national.
Au demeurant plus de 82 % des personnes interrogées sont hostiles à l’extension du système aux autres catégories d’agents de direction, car le directeur doit pouvoir choisir ses collaborateurs. Près de 50% sont favorables à l’extension du système du comité des carrières aux autres régimes. L’existence d’une liste d’aptitude unique plaide d'ailleurs en ce sens. L’extension du système aux autres régimes améliorerait la mobilité entre les régimes.
L'Aecnesss espère que cette importante enquête apportera aux décideurs un éclairage permettant de prendre des décisions qu'on espère équilibrées et pragmatiques. Elle renforce les constats et les propositions que nous avons faits dans le rapport intitulé "LA NOMINATION, L’EVALUATION ET LA MOBILITE DES AGENTS DE DIRECTION DANS LES ORGANISMES DE SECURITE SOCIALE" récemment diffusé.
Les résultats



70% des personnes ayant répondu ont postulé à des postes de directeurs ou d’agents comptables depuis 1996.
Une grosse majorité des personnes interrogées a donc expérimenté le système introduit en 1996.
- 69,7 % uniquement à des postes de directeurs,
- 18,6% uniquement à des postes d’agents comptables,
- 11,6% au deux types de postes, directeurs et agents comptables
Les modalités de désignation des directeurs et agents comptables introduites par la réforme Juppé en 1996 vous paraissent-elles meilleures que celles qui prévalaient antérieurement, à savoir la désignation par le conseil d’administration ?
Oui |
50,3% |
Non |
39,7% |
Sans opinion |
9,9% |
50% pensent que les modalités de désignation introduites en 1996 sont meilleures
Les principales raisons évoquées sont :
- La limitation des influences locales et syndicales : plus d’indépendance, plus de transparence
- Une plus grande objectivité et plus grande neutralité
- Une meilleure appréhension par les caisses nationales de la gestion des carrières des agents de direction même si cela reste très perfectible
- La légitimité des caisses nationales dans le choix des directeurs et agents comptables
- Meilleure prise en compte de la compétence et de l’adaptation du candidat au profil du poste à pourvoir
39,7 % pensent que les modalités de désignation introduites depuis 1996 sont moins bonnes
- le système est opaque, lourd et complexe
- les choix du comité des carrières sont parfois mal compris
- absence de transparence des règles
- absence d’information en retour sur les raisons motivant le refus de retenir les candidatures
- multiplicité des acteurs
- le protectionnisme des branches et des régimes : le candidat issu d’une autre branche présent dans la liste de 3 noms sert d’alibi : la mobilité n’est pas plus favorisée qu’avant
- pouvoir trop important de certaines personnes dans les caisses nationales : blocage de carrière possible
9,9% n’ont pas d’opinion.
faute d’avoir expérimenté le système depuis 1996, ou faute d’avoir eu l’occasion d’ expérimenter l’ancien.
Les réponses selon la fonction exercée :
Les directeurs adjoints se démarquent en répondant majoritairement par la négative. Les cadres estiment à 69 % que le système est meilleur.
|
AC |
D |
DA |
SD |
C |
Non |
31,3% |
38,2% |
57,6% |
31,8% |
15,4% |
Oui |
50,0% |
50,9% |
30,3% |
59,1% |
69,2% |
Sans opinion |
18,8% |
10,9% |
12,1% |
9,1% |
15,4% |
Le système offre-t-il de meilleures garanties que le choix s’opère en faveur du meilleur candidat possible ?
| Oui |
38,6% |
| Non |
47,7% |
| Sans opinion |
13,7% |
Si une majorité estime que le système est meilleur (50,3%), un autre majorité estime qu’il n’offre pas toutes les garanties pour que le meilleur candidat soit retenu (47,7%).
Les réponses selon la fonction exercée : (lecture verticale)
Les directeurs sont plus enclins à penser que le choix se fait en faveur du meilleur candidat que leurs adjoints.
|
Non |
Oui |
Sans opinion |
AC |
16,4% |
21,7% |
30,4% |
D |
32,9% |
38,3% |
34,8% |
DA |
28,8% |
13,3% |
17,4% |
SD |
16,4% |
15,0% |
8,7% |
C |
5,5% |
11,7% |
8,7% |
|
100,0% |
100,0% |
100,0% |
Etes-vous favorable à une extension de ce système aux autres catégories d’agents de direction, Directeurs Adjoints, Sous-Directeurs ?
Oui |
10,52% |
Non |
82,23 % |
Sans opinion |
7,23% |
Plus de 82 % sont hostiles à l’extension du système aux autres catégories d’agents de direction :
Le directeur doit pouvoir choisir ses collaborateurs : il en va de la cohésion de l’équipe, de la marge de manœuvre du directeur, y compris vis-à-vis du Conseil d’administration .
L’intervention des caisses nationales en ce domaine est jugée peu opportune car elles apparaissent trop éloignées du terrain.
Certains redoutent dans ce cas une main mise totale des caisses nationales.
Avant une extension éventuelle, le système en place pour les cadres dirigeants devrait faire ses preuves.
Ceux qui sont favorables à une extension du système aux autres catégories d’agents de direction estiment que cela permettrait un meilleur brassage géographique des agents de direction, et une meilleure connaissance des agents de direction par les caisses nationales.
Etes-vous favorable à une extension de ce système aux autres régimes pour les Directeurs et Agents Comptables ?
Oui |
49,7% |
Non |
23,8% |
Sans opinion |
26,5% |
Près de 50% sont favorables à l’extension du système du comité des carrières aux autres régimes.
C’est une question d’équité, d’homogénéité. L’existence d’une liste d’aptitude unique plaide en ce sens.
L’extension du système aux autres régimes améliorerait la mobilité entre les régimes.
Le nombre important des « sans opinion » est sans doute dû au fait que cette problématique intéresse plus les agents de direction des autres régimes que du régime général.
Il convient de noter que les agents de direction des régimes de travailleurs indépendants ayant répondu au questionnaire sont à 62,5% opposés à l’extension du système aux régimes TNS. Les régimes sont de taille trop modeste. Certains estiment que le système en place au régime général est opaque.
Etes-vous satisfait du rôle joué par les caisses nationales :
Caisse nationale du candidat :
Oui |
39,4% |
Non |
36,6% |
Sans opinion |
24% |
Les caisses nationales sont perçues comme ayant des approches différentes.
Pour la branche famille, les anciens élèves estiment en général qu’ils ont pu valoriser leur expérience, que la caisse nationale avait la volonté de mettre la bonne personne sur le poste. Toutefois certaines nominations récentes sont contestées (les candidats de la caisse nationale). Pour la branche recouvrement, les entretiens sont qualifiés de francs, l’ACOSS essayant de défendre la branche.
Dans la branche maladie, des agents de direction estiment que beaucoup de soin est apporté par la Caisse nationale dans l'analyse des candidatures. Mais d’autres reprochent un manque de transparence, de lisibilité ce qui peut cacher favoritisme et clientélisme. Les engagements énoncés au cours des entretiens ne sont toujours pas suivis d’effets.
D’aucuns mettent en doute la compétence de personnes qui n’ont jamais exercé la fonction de directeur dans le processus de sélection de cadres dirigeants.
Le rôle de tête de réseau dans l’intérêt du réseau, la notion de responsabilité naturelle, le rôle accru de l’organisme national, corrélatif à la diminution de l’influence syndicale apparaissent, avec la notion de gestion prévisionnelle nationale des carrières, comme suffisants pour légitimer l’intervention de l’organisme national. Le système permet aux caisse nationales d'appartenance de mieux connaître les candidats.
La gestion nationale des carrières des agents de direction des branches est vue par certains comme inéluctable, dans le cadre de cette gestion des carrières. La connaissance de la capacité managériale et technique des candidats apparaît dans une réponse, comme échappant au Conseil d’administration des caisses locales.
Toutefois certains déplorent la gestion trop administrative des carrières par les caisses nationales. D’aucuns estiment que les Caisses nationales ne devraient pas tolérer que des directeurs puissent rester 10, 15 ou 20 ans à la même place.
Caisse nationale de l’organisme dans lequel vous avez postulé :
Oui |
29,7% |
Non |
22,6% |
Sans opinion |
47,7% |
Le rôle de la caisse nationale “prenante” est moins bien perçu en général car celle-ci “favoriserait” les candidats de la branche.
L’ACOSS apparaît toutefois plus ouverte aux candidatures des autres branches, sauf pour une personne qui estime que la culture de branche est y trop forte.
Nombreux sont ceux qui déplorent ne pas avoir été contactés ni s’être vus proposer de rendez-vous. La réception des candidats n’est souvent pas prévue.
Percevez vous clairement la politique de gestion de carrières de l'organisme national ?
Oui |
17% |
Non |
78,9% |
Sans opinion |
4,1% |
78,9% n’ont pas une perception claire de la politique de gestion des carrières de leur organisme national.
Les pourcentages par branche du régime général sont les suivants :
Maladie |
74,5% |
Famille |
83,3% |
Recouvrement |
73% |
CRAM |
85,7% |
Les avis sont sensiblement identiques dans les autres régimes.
Lors de votre entretien avec votre caisse nationale, avez-vous pu valoriser votre expérience ?
60% des personnes interrogées ont répondu à cette question.
L’ACOSS se distingue avec 53,85 % d’opinions favorables, tandis que la CNAM et la CNAF obtiennent 43 à 44 % d’opinions favorables.
Les autres caisses nationales (Organic, Cancava…) obtiennent 47% d’avis favorables.
Avez vous eu, à cette occasion, l’impression de bénéficier d’un bilan de vos potentiels ?
A cette question à laquelle 60% des anciens élèves interrogés ont répondu,
- 34,87% ont dit non
- 25% ont dit oui
Mais la situation est très contrastée selon l’origine des questionnés , les anciens élèves de la branche recouvrement répondent affirmativement à 38,46% alors que ceux issus des autres branches répondent par la négative : 39,62% pour la branche famille, 34% pour la maladie, 43,75% pour les régimes TNS.
Estimez-vous l’intervention des caisses nationales justifiée dans le processus de sélection ?
Caisse nationale d’origine
Non |
16,7% |
Oui |
71,1% |
Sans opinion |
12,2% |
L’avis est identique quelles que soient les branches du régime général. Les avis divergent pour les autres régimes puisque 53% seulement estiment l’intervention de la caisse nationale d’origine justifiée dans le processus de sélection. Ceci trouve sans doute son explication dans les modalités de nomination des agents de direction qui diffèrent de celles pratiquées dans le régime général. Les conseils d’administration y exercent encore un rôle prépondérant, même si l’avis du directeur national est requis. Le comité des carrières n’examine pas non plus les candidatures pour les postes vacants dans ces régimes.
Caisse nationale du poste souhaité
Non |
14,3% |
Oui |
66,9% |
Sans opinion |
18,8% |
La branche maladie se distingue puisque 78% des agents de direction de cette branche estime l’intervention de la caisse nationale du poste souhaité justifiée.
Indiquez les principaux éléments qui fondent votre appréciation sur le sujet ?
Les principales raisons évoquées qui justifient l’intervention des caisses nationales sont les suivantes :
- pilotage d’un réseau dont les organismes locaux font partie intégrante
- gestion des carrières des agents de direction
- connaissance des candidats en particulier sur leurs apports dans les chantiers et les projets nationaux
- les caisses nationales prenant des engagements vis à vis de l'Etat (COG), le droit peut leur être reconnu de peser sur les conditions à retenir pour atteindre les objectifs contractuels
Ceux qui sont défavorables au rôle joué par les caisses nationales évoquent l’absence de mise en œuvre de véritable politique RH par celles-ci.
Les caisses nationales sont jugées trop éloignées du terrain. Elles auraient parfois tendance à privilégier les candidatures les plus « sages ». Le pouvoir de certains services des caisses nationales dans le processus de sélection est également parfois jugé trop important, voire discutable.
La désignation par le directeur national vous paraît-elle compatible avec l’autonomie juridique des caisses de base et les pouvoirs des conseils ?
Pour certains l’autonomie des caisses de base n’est plus qu’un mirage, une fiction. D’aucuns, plus radicaux, estiment que les conseils d’administration n’ont plus ni pouvoir ni légitimité. D’autres encore parlent du sens de l’histoire de l’institution avec l’intervention croissante de la tutelle et de l’Etat depuis 1960.
Certains estiment qu’à défaut de compatibilité, le système est cohérent. La Caisse Nationale doit toutefois nommer et non désigner.
Le système actuel reposerait sur un équilibre, un compromis préférable à la mainmise totale des directeurs des caisses nationales ou de leurs services sur le processus de désignation.
La multiplicité des intervenants : DRASS, Conseil d’Administration, Caisses Nationales, Comité des carrières vous paraît-elle un gage de succès dans le processus de désignation des Agents de direction ?
Pour les partisans du non :
L’absence de cohérence est évoquée puisque chaque acteur a ses propres règles et valeurs, les modes d’appréciations et les critères sont différents.
La lisibilité est difficile, il y a un manque de transparence.
Le système est « hybride » et il faut aller au bout de la démarche.
Certaines remettent en cause la liste d’aptitude ou plutôt la façon dont elle est établie en soulignant des incohérences (exemple : inviter un candidat inscrit en D1 à postuler en D3)
On peut se tromper seul ou à plusieurs…
D’autres doutent de l’influence de certains acteurs dans le processus : DRASS et Comité des Carrières
Pour les partisans du oui :
A défaut d’être un gage de succès c’est un gage d’équilibre, un garde-fou.
Plus les acteurs sont nombreux et plus de chances on a d’en trouver de qualité.
La pluralité des acteurs permet « une pondération des approches »
« Les erreurs de casting sont rares ».
Le maintien des règles actuelles : CNESSS, liste d’aptitude, avis du comité des carrières… vous paraît-il justifié dans la mesure où il est fait appel à des cabinets de recrutement ?
Beaucoup s’interrogent sur l’intérêt de faire appel à des cabinets de recrutement (peu justifié avec l'arsenal d'éléments objectifs existants),
Le recours à un cabinet de recrutement n'est pas un gage d'objectivité,
La montée en puissance des cabinets de recrutement est très préoccupante.
Leur rôle est plutôt perçu comme permettant de mesurer l’adéquation du candidat au poste, connaître son psychisme, mesurer ses capacités de concentration. C’est le savoir-être qui est évalué.
Il s’agit d’une aide à la décision pour les caisses nationales, un éclairage complémentaire surtout pour la caisse nationale du poste souhaité.
L'intervention d'un cabinet peut apporter une valeur ajoutée forte au processus de recrutement tant pour le recruteur que le candidat.
Mais ces cabinets ne doivent pas être en mesure d’effectuer seuls les recrutements. Le recours au cabinet de recrutement ne constitue en rien un avis professionnel autonome : dans certaines situations, il est parfois utilisé pour évincer un candidat de valeur.
Certains se montrent sceptiques sur la valeur des avis donnés par ces cabinets.
La communication aux candidats des bilans et des conclusions des cabinets est réclamée
Il est à noter que toutes les caisses nationales ne font pas appel à ces cabinets, c’est le cas de la CNAF.
Refuseriez-vous de vous y soumettre ?
78% des agents de direction interrogés, faisant sans doute preuve de réalisme, déclarent ne pas vouloir s’opposer aux tests.
Si vous avez été amené à rencontrer un cabinet, quels furent les thèmes analysés ?
Entretiens de motivation, tests de mise en situation, tests de personnalité, de logique et même d’intelligence.
Les avis sont partagés sur les cabinets de recrutement : les expériences sont parfois positives, voire enrichissantes maiscertains déplorent qu’aucune explication ne leur ait été donnée après le remplissage de grilles-types…encore moins un éclairage, ou un conseil.
Considérez vous que votre expérience a été suffisamment abordée ?
- 56% n’ont pas d’opinion ou n’ont pas souhaité répondre à cette question.
- 27% répondent oui
- 17% non
Seriez-vous favorable au remplacement du système actuel par un recrutement opéré par la caisse nationale de l’organisme dans lequel vous postulez ?
Non |
54,5% |
Oui |
26,3% |
Sans opinion |
19,2% |
Dans le régime général, les agents de direction de la branche recouvrement se montrent les moins favorables.
Dans les CRAM, les sans opinion sont les plus nombreux (ils ont la chance d’avoir deux caisses nationales, ce qui peut doubler le scepticisme).
Dans les autres régimes, l’hostilité s’élève à 75%. Le rôle important joué par les conseils d’administrations locaux dans les nominations d’agents de direction est sans doute un facteur explicatif.
Pensez-vous que le système actuel favorise la mobilité inter-branches ?
Non |
70,5% |
Oui |
13,5% |
Sans opinion |
16% |
Les avis sont contrastés entre les régimes et les branches. Les agents de direction de la branche maladie penchent nettement pour le non.
|
Non |
Oui |
Sans opinion |
Maladie |
82,0% |
10,0% |
8,0% |
Famille |
58,0% |
21,0% |
21,0% |
Recouvrement |
69,2% |
15,4% |
15,4% |
CRAM |
71,4% |
14,3% |
14,3% |
Autres régimes |
77,8% |
16,7% |
5,6% |
Existe-t-il selon vous un lien entre l’évaluation des directeurs et agents comptables et les critères de sélection des candidats ?
Non |
35,5% |
Oui |
32,3% |
Sans opinion |
32,3% |
Les avis sont parfaitement partagés sur ce thème, quels que soient le régime ou la branche.
Souhaitez-vous faire des remarques complémentaires ?
Les observations sont très nombreuses et mériteraient à elle seules un traitement spécifique, citons entre autres :
- Mobilité: certains se déclarent favorables à une gestion centralisée des carrières style Unedic
- Demande d’une professionnalisation du processus de recrutement par les caisses nationales : une doctrine des outils et des moyens
- Un choix plus ouvert au niveau de la liste : 5 noms au lieu de 3
- La mise en place de modalités d’évaluation indépendantes
- Une meilleure définition des postes : travailler l’adéquation poste/profil
- La caisse nationale doit uniquement se prononcer sur l’apport des agents de direction au réseau, l’apport en interne n’est pas son affaire
- Le dispositif actuel semble renforcer la sélection intra-branche et la recherche d'une expérience similaire. De manière plus générale, l'Institution ne remplit pas son contrat vis-à-vis des anciens élèves du CNESSS, au regard de l'investissement de la grande majorité d'entre eux : peu de perspectives malgré une pyramide des âges favorable, règles non explicites du comité des carrières, pas de communication sur les règles doctrinales des caisses nationales
- Les efforts consentis par les différents acteurs portent exclusivement sur la situation des directeurs et Agents Comptables. La situation des cadres anciens élèves du CNESSS, très nombreux, et des autres catégories d'Agents de Direction mériterait plus d’attention.
le 8 août 2004
Pour l’AECNESSS
Hervé Castre

Pour mémoire :
Premiers résultats du questionnaire portant sur les modalités de sélection et de désignation des directeurs et agents comptables, tels qu'ils ont été diffusés le 2 février 2004
Le questionnaire a été diffusé à plus de 600 exemplaires par les délégués territoriaux entre début février et fin mars 2004. Le questionnaire a également été mis en ligne sur le site de l’AECNESSS..
A ce jour, 160 questionnaires ont été retournés, ce qui donne un excellent taux de réponse de plus de 26 %.
L’intérêt pour le sujet est donc bien réel.
Ont répondu :
Des directeurs |
35 % |
Des directeurs adjoints |
21 % |
Des sous directeurs |
15 % |
Des agents comptables |
21 % |
Des cadres |
8 % |
Régime général |
89,5% |
TNS |
6,3% |
MSA |
2,8% |
Autres |
1,4% |
Famille |
39% |
Maladie |
34% |
Recouvrement |
19,5% |
CRAM |
5,5% |
Parmi les personnes ayant répondu, 70% ont postulé à des postes de directeurs ou d’agents comptables depuis 1996 (69,7 % à des postes de directeurs, 18,6% à des postes d’agents comptables, 11,6% au deux types de postes).
Les anciens élèves interrogés pensent à 49,3% que les modalités de désignation introduites en 1996 sont meilleures, 38,7 % pensent que non, 9,15% n’ont pas d’opinion.
Mais 45,20% pensent que le système n’offre pas de garanties que le choix s’opère en faveur du meilleur candidat contre 38,4% (13,7% n’ont pas d’opinion).
80 % ne sont pas favorables à l’extension du système aux autres catégories d’ADD : le directeur doit pouvoir choisir ses collaborateurs.
Plus de 47% sont favorables à l’extension du système du comité des carrières aux autres régimes.
Près de 78% n’ont pas une perception claire de la politique de gestion des carrières de leur organisme national mais une grosse majorité estime justifiée l’intervention des caisses nationales dans le processus de sélection et de désignation des directeurs et agents comptables.
Toutefois, 80% des anciens élèves sont hostiles au remplacement du système par un recrutement opéré par les seules caisses nationales.
74% estiment que la mobilité inter-branches n’est pas favorisée.
Il reste à exploiter les réponses aux questions ouvertes…

Pour mémoire :
Vous pouvez télécharger le questionnaire 