Le 3 octobre dernier, une
rencontre était organisée entre les élèves de la 45ème promotion et
les responsables de l’AEN3S, parmi lesquels Gilles Huteau, Président de
l’association, Françoise Mourgues, membre du bureau, déléguée aux promotions en
cours et rédactrice en chef de la revue Elan Social ; Catherine De Meirleire
Déléguée régionale Rhône Alpes et Ollivier Vacchino membre du bureau. Un tiers
des élèves y ont participé.
Avant de se diviser en sous
groupes, le Président Gilles Huteau a fait un bref exposé en amphithéâtre pour
répondre à certaines interrogations, et en particulier à une critique souvent
adressée par les élèves à l’AEN3S qui serait corporatiste.
L’ouverture de l’association
L’association n’est pas
corporatiste au sens où elle réunirait des gens souhaitant rester entre
eux-mêmes. Elle permet au contraire de nombreux échanges entre des gens qui
viennent d’horizons divers, et a en cela un positionnement original à coté des
syndicats, des associations de directeurs de caisses ou d’agents comptables
plus « restrictives » en terme de public. Elle regroupe en effet des
cadres et agents de directions des différents régimes, ou branches, y compris
ceux qui ont fait le choix de travailler au-delà de la sécu dès lors qu’il
s’agit d’anciens élèves de l’Ecole.
Promouvoir les intérêts moraux
et matériels des anciens élèves
Sa mission principale dans sa
dimension collective est de défendre les anciens élèves, de mieux faire
connaître l’école, de la promouvoir, ce qui est sans doute un des premiers
devoirs en tant qu’ancien élève. Elle permet de constituer une expression
collective.
Exemple d’action menée :
- Le soutien à l’accès possible des anciens élèves au corps de l’IGAS. Le projet de décret
est arrivé en Conseil d’Etat. Les premiers appels à candidatures vont être
lancés. Il s’agit d’un projet de très long terme en passe d’aboutir. Sur ce
type de sujet, l’association est en avance et bénéficie de l’écoute attentive de
la Direction de la Sécurité sociale.
- Le cas du nombre de postes offerts insuffisant en
2006.pour la 44ème promotion. L’association s’est saisie du problème et l’a évoqué
avec la DSS afin de la sensibiliser au problème pour que celle-ci favorise
l’émergence de solutions. Il s’agit ici du type même d’actions qui bien que corporatistes,
s’avèrent particulièrement utiles, car en dehors d’elle peu de monde
s’intéresse à ce type de problème, à part l’école elle-même.
Une association de bénévoles
Il faut toujours avoir en tête
que si l’association est au service de ses membres, ce n’est pas une
association portée par une institution, donc elle a de petits moyens, et
fonctionne essentiellement avec des volontaires qui donnent de leur temps et de
leur expertise. La cotisation est de 30 Euros seulement pour les élèves et
couvre les 18 mois de scolarité. Le budget annuel de l’AEN3S est seulement de
6 000 Euros. (montant très inférieur aux budgets des associations de type
ENA ou Ecoles de commerce qui sont financées par les écoles elles mêmes, avec
mise à leur disposition de permanents, de locaux, d’une logistique mais qui,
par contre, sont beaucoup moins indépendantes dans leur façon de penser ou
d’agir.
Enfin, dernière mise au point sur
le corporatisme : l’association n’est pas une arme de guerre contre ceux qui n’ont pas fait l’école.
Suite à cet exposé liminaire,
trois ateliers étaient proposés.
Atelier n° 1 –
Qu’attendre des anciens élèves au sein de l’association ?
Rappels sur l’AEN3S: ses fondements, ses objectifs, son
fonctionnement :
Ses
fondements |
Ses
objectifs |
Son
fonctionnement |
| L’AEN3S, association reconnue au niveau
national fonctionne uniquement avec les cotisations des adhérents. Tous ses
membres sont bénévole, il n’existe pas de permanents. |
Elle est membre de plusieurs instances
nationales :
Commission de discipline des agents de direction
Liste d’aptitude
Conseil d’administration EN3S |
Au niveau national : un Conseil National de
l’association où toutes les régions sont représentées traite tous les 3 mois
environ les questions d’actualité et celles présentées par les régions. Des groupes de travail existent
également au sein du conseil national exemple un groupe de travail réfléchit
actuellement sur le « statut » de l’ancien élève sur la période
comprise entre la sortie de l’Ecole et l’accès au premier poste d’agent de
direction ; toutes les personnes adhérentes à l’AEN3S peuvent participer
à ces travaux.
Il existe également un Bureau national du Conseil
étant composé du Bureau et des délégués régionaux. |
| Ses ressources sont modestes environ 6 000
Euros par an. |
Elle s’exprime sur de nombreux sujets politiques et stratégiques (exemple projet de
confier la gestion de la CMU à
d’autres que les Organismes de Sécurité Sociale) et propose des orientations
à la DSS ou à d’autres instances. |
En région : les relais de l’AEN3S existent
ainsi, les étudiants de la 45
ème promotion dépendent de la région Rhône Alpes. Les délégués régionaux
peuvent organiser des rencontres conviviales, des conférences débats sur des
sujets à la demande des adhérents. |
| Cotisation = 60 Euros par an et pour les élèves de la 45ème promotion
= 30 euros pour les 18 mois de scolarité
Cette cotisation intègre l’abonnement à la revue
Elan Social. |
Elle défend les intérêts du réseau ceci en inter régimes et en
inter branches…. Elle permet d’avoir une vision
TRANSVERSALE de tous les projets et peut aider à la réflexion sur l’évolution
des réseaux. |
|
| Elle est un lieu d’information notamment sur les profils de postes à
pourvoir pour les directeurs ou agents de direction grâce au réseau des
adhérents issus de différents branches, régimes où chacun s’informe, peut
parler librement des enjeux des postes, des difficultés … |
|
|
Le plus de l’AEN3S et les axes de progrès :
Le
plus de l’AEN3S : |
Les
axes de progrès pour l’AEN3S : |
| Indépendance par rapport à
l’EN3S elle ne reçoit aucunes subventions donc a sa liberté d’action |
Améliorer l’image de l’AEN3S
auprès des agents de direction
notamment des plus jeunes |
| Défend le statut d’ancien élève
de l’EN3S et fait progresser ce statut par rapport à des statuts d’autres
grandes écoles. |
Fournir une carte d’adhésion à
chaque membre ce qui n’est pas le cas aujourd’hui MJ Gombert propose à
l’AEN3S qu’un étudiant ou
plusieurs de l’école réfléchissent à une maquette et la proposent avant la fin 2006 à l’AEN3S. |
| Mode de fonctionnement souple
en association permettant la convivialité, le lien social, la discussion
libre entre directeurs, agents de direction, cadres….ce qui n’est pas le cas
dans d’autres associations réservées uniquement aux directeurs exemple
association des directeurs de CAF, d’URSSAF |
Réfléchir sur l’information à
fournir à l’adhérent après son adhésion. |
| L’AEN3S est un espace informel,
donne en toute transparence et confiance des informations pratiques et utiles
à toutes et tous telles que changement de branche : conditions,
textes….. |
Faire plus de lobbying sur la
protection sociale auprès des instances stratégiques et auprès du Ministère |
| Le Président de l’AEN3S peut à la demande des
adhérents les accompagner dans des démarches personnelles plus difficiles
face à leur employeur. Il est alors un tiers médiateur sur son temps
personnel… |
Proposer plus de
« « services » aux adhérents : accompagnement juridique
par exemple… |
| Elle est un lieu neutre hors réseau plus institutionnel de la
Sécurité sociale donc elle n’a pas d’influence syndicale et est bien complémentaire |
Mieux se positionner par
rapport à d’autres réseaux ou structures existantes |
| Carrefour, apport de témoignages,
recueil d’idées, moyens humains que sont les adhérents. |
|
| Elle possède des délégués
régionaux qui sont à la disposition des adhérents pour toute difficulté
rencontrée, qui peuvent organiser des conférences sur des sujets d’actualité,
sur des problématiques spécifiques à des branches |
| Une news letter est adressée à
tous les adhérents et transité par les délégués régionaux. |
| L’AEN3S est un espace inter
régimes interbranche espace de discussion où peuvent être traités tous les
sujets transversaux aux organismes de sécurité sociale |
MERCI à tous
les participants
Atelier n° 2 – Faire
carrière à la sécurité sociale et en dehors
Les élèves ont échangé avec
Gilles Huteau sur la liste d’aptitude, la conciliation de la vie familiale et
de la vie professionnelle, le rôle des directeurs, l’intérêt de la mobilité, la
reconfiguration des réseaux…
Il ressort d’abord qu’on peut
faire carrière à la sécurité sociale, à condition qu’on veuille bien s’en
donner la peine.
Gilles Huteau a attiré
l’attention des élèves sur leur premier poste. Pour lui, il est important de ne
pas se tromper, et il conseille fortement de privilégier les organismes de
taille moyenne (jusqu’à 700 personnes). Au-delà, le risque est grand en effet
d’être trop peu visible et de passer aux oubliettes. Néanmoins, il faut savoir
que des organismes trop petits présentent moins de perspectives internes.
Les participants ont ensuite
parlé de l’accès aux postes d’agents de direction, avec souvent un nombre de
postulants autour de 10 candidats.
Un autre atout important pour
faire carrière est d’avoir une double expérience, à la fois dans les services
ordonnateurs et dans les services comptables.
Concernant la mobilité
interbranche, elle existe, mais elle devient de plus en plus difficile, passé
un certain niveau. L’association est contre la mobilité géographique forcée, et
préfère qu’elle soit facilitée ou accompagnée. Par ailleurs, elle est favorable
également à une mobilité fonctionnelle.
La reconfiguration ne va pas
faire baisser drastiquement le nombre de poste d’agents de direction. En
revanche, elle entraînera certainement une reconfiguration des postes, avec
moins de directeurs et d’agents comptables et plus de directeurs adjoints et de
sous directeurs.
MERCI à tous
les participants
Atelier n°3 – Réflexions
sur l’institution
Pour faciliter la discussion sur
l’institution, 3 questions provocatrices avaient été proposées aux participants
à l’atelier, réunis autour de Catherine de Meirleire.
Pourquoi la sécu
apparaît elle aussi ringarde ?
2 problèmes ont été
identifiés :
- Il s’agit d’une image externe,
plus qu’interne. Elle apparaît toujours énorme, empoussiérée. La question se
pose de la même manière depuis 15 ans. (Image de dinosaure.)
- Il y a un hiatus possible pour
les externes entre ce que l’on a imaginé et ce que l’on découvre du monde du
travail, qui est un peu vieillot. Il peut y avoir de ce point de vue un
décalage fort avec le monde estudiantin.
Pourtant, la capacité
d’adaptation des personnels est forte, et il ne faut pas hésiter à le dire. Il
y a une caricature de l’agent de la sécu, assimilé à un fonctionnaire : il
ne fait rien, il n’a aucune contrainte de productivité. Il est possible de
casser cette image, en évoquant les COG, les contrôles budgétaires,
l’obligation de dégager des gains de productivité et le développement des
nouvelles technologies.
Eléments à valoriser :
l’aspect production. La sécu transforme des informations en prestations. On a
les mêmes préoccupations que quelqu’un qui gère un processus de fabrication. On
fait parfois des politiques de communication sur quelques actions valorisantes,
mais pas suffisamment. Reste qu’on ne peut avoir cette stratégie que si on a
résolu le socle de base en terme de service. Difficile de se faire une belle
image si on ne répond pas au téléphone !
Il y a un problème dans les
relations avec les médias. On constate que les médias ont des a priori négatifs
et vont chercher à les étayer dans leur traitement du sujet. Il convient donc
de « renverser le sens ». La sécu est une sorte de défouloir de ce
qui va mal. Les gens ne se rendent pas compte de l’intérêt de la sécu, et ont
besoin de revenir à la source.
Beaucoup de directeurs ont fait
de la communication uniquement sur les opérations de fraudes : ex cure
thermale…Il faut aussi faire de la communications sur les actions positives.
Mais attention, la communication commence sur le terrain, il faut la faire
aussi dans la relation de proximité, car l’image est souvent assez dégradée en
interne. La motivation des agents ne passe pas que dans le financier
exclusivement. Il faut réfléchir à la façon de communiquer en interne pour
valoriser ce qui s’y fait.
La sécu est elle
féodale ?
Des dispositifs existent, qui
visent à faciliter la mobilité. Certaines régions restent peu ouvertes, notamment
dans le sud.
La réforme du mode de désignation
(comité des carrières pour directeur et agent de direction) a un peu amélioré
les choses. Mais dans certaines caisses, l’importance des réseaux peut toujours
jouer. C’est cependant de moins en moins le cas. Les régions où il y a beaucoup
de mobilité connaissent moins ce problème. Il est important de regarder la
mobilité des équipes de direction quand on arrive en poste.
Pour le reste, on ne peut pas
empêcher les affinités et c’est normal. C’est humain et on ne peut l’éviter. Il
ne faut en tous cas pas mettre de côté cette question des affinités. C’est un
mode normal de désignation, construit avec le temps.
Si l’on aborde la question de la
féodalité en terme de rapport géographique au pouvoir, il est assez clair
aujourd’hui que certaines branches centralisent fortement, comme la CNAM,
tandis que d’autres laissent encore pas mal d’autonomie en local (CNAF).
S’engager pour changer
quoi ?
Attention, changer les choses, ce
n’est pas forcément changer les choses à son idée. Il faut trouver des marges
de manœuvre pour faire évoluer les choses au sein d’orientations définies dans
le cadre national. On peut toujours y mettre sa patte. Les COG définissent les
grands axes, mais on peut toujours adapter : accentuer certains points,
valoriser certains objectifs vis-à-vis du personnel.
Il faut s’adapter aux contraintes
pour se créer un espace de liberté, et prendre garde aux discours du type :
« c’était mieux quand j’étais plus jeune ». L’idéalisation du vécu est
fréquente. Au contraire, le cadre plus strict n’est pas nécessairement une
mauvaise chose. Il permet de rendre des comptes et que tout se voit. Avant on
ne rendait pas de comptes, mais on le paye encore en terme d’image. C’est
toujours préférable à la non fixation d’objectifs.
Il faut s’efforcer à notre place
de répondre aux attentes qui viennent du citoyen en local et de l’Etat au
niveau national, qui est aussi une émanation du citoyen. Plusieurs caisses font
des efforts pour connaître les attentes de leurs assurés, en réalisant par
exemple des focus groupes.
MERCI à tous
les participants
|