Le prochain numéro dElan
Social, sintitulera "Le temps des rapports", succédant ainsi au présent
numéro, intitulé "L'année des colloques".
Un de ces colloques a été en partie animé par les interventions de Jean-François
Chadelat et dAlain Coulomb. La tribune réunissait des représentants de
l'Assurance Maladie, de la Mutualité, du CETIP et de la FFSA. Nous serons donc amenés à
revenir de façon plus approfondie sur ces rapports, en interviewant leurs auteurs.
Malgré tout, on rendra compte de quelques points de leurs interventions au cours de ce
forum, qui donnent un éclairage intéressant sur la façon dont ils ont abordé le sujet.
On retiendra particulièrement les propos dAlain Coulomb, qui sont comme toujours
réjouissants dhumour et de provocation, contribuant ainsi à améliorer le ton et
le niveau de notre revue.
Reportage : Gérard Arcéga
Pour Alain Coulomb, donc, "Il y a eu lannée des Méduses,
nous avons lannée des rapports. " Celui qui mest échu a un thème
incompréhensible, ce qui fait tout son charme. Je ne dirai pas "je",
cest un rapport collectif, approuvé pas à pas.
Dérapage, rebasage et abondage
LONDAM, lors de sa création a reçu un accueil plutôt
favorable. Mais les choses se sont dégradées. Finalement, l'ondam est-il
opposable ? Dérapage, rebasage et abondage ont été le mode de gestion. Les
députés, déjà peu mobilisés se sont démobilisés. Le débat politique est peu
porté, la mise en oeuvre est aléatoire, le scepticisme parfois furieux. Faut-il pour
autant jeter le bébé avec l'eau du bain ?
On aurait pu rédiger un rapport en deux jours, puis passer à un vrai
sujet (la répartition des pouvoirs, par exemple). On aurait pu adhérer à une autre
thèse, celle des besoins : Il ny a qu'à déterminer les besoins et
tout ira bien. On peut aussi choisir une version dite
techno, celle du coût par pathologie par exemple. On multiplie ce
coût unitaire par la file active, et on obtient un Ondam " nickel
chrome ". On double ainsi les dépenses très vite. Nous avons évité cette
tentation.
Médicaliser lOndam, cest finalement, le rendre un peu plus
crédible. Lautre alternative, serait de dire, lONDAM est conforme à
lévolution du PIB, point barre.
" On sest mis assez facilement daccord sur les
poncifs "
Sagissant des déterminants de santé, rassemblons quelques
banalités et autres poncifs. Chacun a apporté les siens, on s'est mis assez facilement
daccord sur les poncifs mais aussi sur les " fondamentaux ". On
peut par exemple saccorder à dire que la richesse d'un pays, le progrès technique,
lévolution démographique
ont un impact sur lévolution des dépenses
de santé. Les professionnels de santé ne peuvent pas se voir opposer cela.
On peut opérer un classement des déterminants de santé à partir de
plusieurs critères. Des déterminants relèvent ainsi de critères structurels. En cinq
années, on naura pas daction possible sur ce type de déterminants, tel que
le vieillissement de la population par exemple. Dautres sont moins
durs, tels que le comportement sociétal, lorganisation du
système de santé et de la protection sociale, etc .....
Sur une évolution de + 7, 35% constatée l'an dernier, quelle part
relève de déterminants sur lesquels on peut agir : la moitié environ et
lautre moitié peut être considérée comme des " pertes en
ligne ". On ne peut pas dire aux professionnels de santé vous êtes
responsables de la totalité de lévolution", sinon, il ny a pas de
discussion possible.
" Aujourdhui, le taux de lONDAM sort du
chapeau "
Dans les " pertes en ligne du système ", une
partie relève de l'organisation, une autre est de la responsabilité des acteurs. Dans ce
cas, langle d'attaque sera celui de la qualité et de lévaluation. Personne
ne peut frontalement s'attaquer à la qualité, et elle est politiquement incontournable :
telle maternité doit être fermée au nom de la qualité, il faut le dire, sinon il y a
une crispation. Sil ny a pas de pédiatre ni danesthésiste, les
citoyens peuvent comprendre la nécessaire restructuration.
L'acteur de soins na pas dappétence particulière pour la
non qualité. Il nest pas, pour autant, vertueux en tant quacteur économique,
il est rationnel. Il faut donc linciter, positivement, à mieux faire.
Aujourd'hui le taux de l'Ondam donne limpression de sortir du
chapeau. Cest dans le style : Je te le fais à combien ? Le
Ministre se concentre, et dit... 5,3%! " De toute façon tout le monde doute et
le doute est bien peu mobilisateur dénergie.
On pourrait discuter dans la région, par exemple au sein des
Conférences régionales de santé.
L'ARH gère l'hôpital, constate les cliniques, voit passer
l'ambulatoire, s'intéresse par courtoisie aux réseaux, et ignore le secteur
médico-social.
Pourquoi l'Assurance maladie ne met-elle pas toute son expertise
médicale au service de l'évaluation médicale ?
Les Recommandations de lAnaes sont actuellement insuffisamment
lisibles et peu opérationnelles : faut-il des " guidelines "? En
tout cas, il faut une motivation. Nous connaissons deux arguments incitatifs : la carotte
et le bâton. Jusqu'alors, on a surtout utilisé le bâton. Il y a parfois des retours, et
quand on arrête de sen servir, la démarche s'arrête. Les Acbus par exemple,
semblent être une démarche intéressante. Essayons donc lincitation positive.