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Numéro 54
Reportage
Le Forum COG des 4 et 5 mars 2005
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Un forum pour les usagers
Le FORUM
COG des 4 et 5 mars 2003
4 et 5 mars 2003 : une grande première : pour
la première fois, lEtat réunit tout le ban et larrière ban de la Sécurité
sociale, pour parler dun personnage qui a longtemps été le héros inconnu de notre
histoire : lusager.
Il faut saluer cette initiative, qui est celle de la
Direction de la sécurité sociale, et plus précisément celle de son Directeur Dominique
Libault.
Car enfin, quon réunisse tant de beau monde, des
agents de direction de toutes les Branches et de tous les Régimes, des Présidents et
Vice Présidents de toutes les couleurs syndicales, des représentants prestigieux de
lEtat et des Caisses nationales, avec rien de moins que lintervention de
quatre ministres, pour parler du service à lusager, cest tout de même
beaucoup dhonneur pour ce dernier.
Ayons une pensée émue pour tous les assujettis sociaux,
qui, des années durant, on fait la queue dans des salles dattentes plus ou moins
avenantes, pour apporter leurs papiers à des guichetiers ou à
des guichetières plus ou moins stressées par leurs conditions de travail, pensons à
tous ces administrés qui, tout au long de la fin du dernier millénaire, on pesté en
tentant désespérément mais en vain, de joindre par téléphone une Caisse de sécurité
sociale, rappelons nous de tous ces bénéficiaires et autres ayants droits, qui, au cours
du siècle passé, attendaient des semaines durant, que leur organisme de rattachement
veuille bien leur envoyer les sous quils attendaient.
Reportage : Gérard Arcéga
Nouvelle gouvernance, nouvelles alternances ?
Lusager administratif est-il devenu le client roi
pendant ce Forum ? Les Présidents de Caisse nationales, dont limpressionnante
brochette alignée sur la tribune réunissait rien de moins que les quatre grandes
branches du régime général, se sont-ils présentés comme étant dabord les
représentants des assurés, des pensionnés, des allocataires, et des cotisants ?
Le cri de victoire du Président Spaeth donne-t-il le
ton ?
" - Ce forum est éclatant. Désormais, il est
acté que lEtat doit contractualiser avec les partenaires sociaux. La notion de
contrat est acquise, cest le début de la fin de la tutelle. Cest le début de
la fin du centralisme. La contractualisation est un acquis. LEtat doit désormais
mettre en uvre sa capacité à réduire son rôle de gérant du système de
soins ".
Madame Nicole Prudhomme, Présidente de la CNAF, a
pour sa part réussi la performance de tenir longuement la tribune sans lasser ni agacer,
alors même quun Ministre risquait dattendre en coulisse, et de dire en termes
patelins mais choisis, combien les partenaires sociaux attendaient de lEtat un
minimum de considération de lautre, de respect de la parole donnée, et de
confiance dans la relation. Cest Madame Prudhomme aussi, qui nous a servi la
formule :
" - Quand je me regarde je me désole, quand je
regarde ailleurs, je me console ", en se désolant justement, que les
prestations familiales puissent être servies, dans certains pays comble de
lhorreur par des caisses chômage. Nest-ce point tout de même tomber
à nouveau dans ce travers très cocardier qui consiste à critiquer systématiquement ce
que font les autres pays, la France ne pouvant avoir que le meilleur système
de protection sociale du monde ? Sans préjuger de ce qui se passe dans
certaines contrées certes étrangères, peut-être faudrait-il légèrement nuancer le
propos : dans les pays où loffre de soins est un service public universel et
gratuit, géré par lEtat ou les collectivités locales, la sécurité sociale,
gérée comme en France par les partenaires sociaux, réunit alors les organismes qui
payent toutes les indemnités de remplacement. Les caisses gèrent dans ce cas logiquement
les indemnités en espèces : pensions, IJ, chômage, et allocations familiales le
cas échéant. Et on ne voit pas pourquoi cette cohérence, différente mais pas
inférieure à la nôtre, devrait être un objet de consolation pour nous.
Le sujet du forum était-il de savoir si lEtat
contractualise avec les caisses pour enfin en obtenir un service satisfaisant à
lusager, ou si lEtat doit contractualiser avec les caisses pour leur
déléguer la gestion du risque ? Certes, la Direction de la sécurité sociale a
signé avec la CNAMTS un avenant à la COG portant sur la gestion du risque. Mais
sagit-il dans cet avenant darrêter des indicateurs sur les résultats des
négociations conventionnelles, ou dabord de définir la qualité de service aux
professionnels de santé ?
Les différents acteurs jouaient-ils le même scenario dans
le même film ?
Gouvernance et vigilance
Il nen reste pas moins que léternelle petite
guerre entre lEtat et les partenaires sociaux reste dactualité, ce genre de
problème nétant visiblement pas soluble quand on le trempe dans un forum, qui
provoque au contraire quelques intéressants précipités.
Le dilemme, plus de cinquante ans après la création de la
Sécurité sociale, le départ du MEDEF et le rapport Ruellan reste cruellement le
même : qui doit gérer la sécu, lEtat ou les partenaires sociaux ?
La question est dailleurs en général mal posée. La
bonne question devrait en effet être : "de quelle sécurité sociale parle-t-on
?". La présence de lAssurance maladie impacte en effet le débat. Dans la
plupart des pays du monde, la Sécurité sociale gère des prestations de remplacement, et
les caisses qui payent exclusivement des prestations en espèces sont gérés par les
partenaires sociaux, dont la légitimité nest nullement mise en cause, pas plus que
la gestion paritaire de lAssurance chômage chez nous par exemple. A côté, les
élus, quils soient ceux de lEtat ou des collectivités locales, gèrent non
pas une assurance maladie, mais une offre de soins. Lambiguité en France vient du
fait que les prestations en espèces sont éclatées en deux champs de légitimité
séparés : UNEDIC et caisses de retraites complémentaires avec une gestion
paritaire autonome dun côté, et les caisses vieillesses, familles, et maladies
pour les IJ, avec une gestion de moins en moins paritaire, sous tutelle de plus en plus
étroite de lEtat, de lautre. A cela sajoute lAssurance maladie,
cantonnée à un rôle de rembourseur. A-t-elle dans ces conditions la possibilité
réelle de gérer loffre de soins, ambulatoire, voire même hospitalière ?
En dautres termes, si la légitimité des partenaires
sociaux à gérer les caisses qui versent des prestations en espèces nest pas
remise en cause dans le monde, avec sans doute des interrogations sur le champ plus
spécifique de la politique familiale, le droit quils ont à
gérer lassurance maladie nest pas considéré universel.
Mais les usagers dans tout cela ? Pendant que les
syndicats ne parlent que de gérer le risque, alors quils sont censés représenter
les assurés sociaux, cest lEtat qui sinquiète du sort des usagers,
alors quon lui attribue la légitimité de la politique sanitaire : le paradoxe
est dimportance.
Quoiquil arrive dans le futur, les gestionnaires
administratifs que nous sommes sont en tout cas convaincus quil faut garder les deux
partenaires. La disparition des conseils dadministration pourrait conduire à des
dérives : les pressions politiques pour maintenir des établissements de soins
parfois inquiétantes, pour obtenir des matériels coûteux dans telle ou telle
circonscription, pour ne pas mettre en règlement judiciaire telle ou telle entreprise ne
manqueraient sans doute pas. Comment alors leur résister ? Il faut donc garder les
conseils, qui sont aussi des garde-fous. Mais leur rôle et leur vrai pouvoir, au-delà
dune légitimité à gérer, doit-il être dans ce rôle de vigilance, plutôt que
de gouvernance ?
Propos de tables ronde:
Le développement de la contractualisation.
Première table ronde, avec deux inspecteurs de
ladministration : Mme Mathilde Lignot et Xavier Pretot, ancien élève du
Cnesss. Claude Rochet, chargé de mission à la délégation interministérielle à la
réforme de l'Etat, Guy Breton professeur à lEnap et un acteur canadien.
Cette table ronde, dont lobjet était de gloser sur
la notion de contrat a finalement été un peu celle du bon sens.
Propos entendus :
- Les Français seraient, selon les Canadiens,
" grands jaseux et petits faiseux ", en dautres termes, on parle
beaucoup mais on ne fait pas grand chose. Dans la sécurité sociale, on est des très
grands jaseux, et des tout petits faiseux, tabernacle !
- " Il faut des indicateurs mais pas trop ".
Si tout est prioritaire, rien ne lest.
- La politique client ne doit pas être toute la
politique ". Certes ; encore faut-il quil y ait une politique.
- " Ce sont les personnels qui sont sur la ligne de
feu qui définissent les besoins des citoyens. Il faut des services fiables, justes et
professionnels, courtois et humains." (nous sommes au Canada).
Explorer la dynamique objectifs résultats
Etienne Marie (ex-directeur Cnaf) : Il y a une
démarche qui a échappé à beaucoup, mais qui a son importance : Chaque ministre
doit désormais, et dici 2006, passer contrat pour un projet de performance avec le
Parlement. Ce sont des sortes de COG. Le parlement demande de passer des objectifs de
moyens à des résultats. On ne demandera plus des centres anti-cancéreux, mais des
moyens pour obtenir X% en moins de cancer, par exemple.
Il est difficile dautonomiser, de responsabiliser, de
déchirer le voile de l'ignorance. Mais nous allons vers une logique de résultats.
Lexemple de la SNCF
Aprés 3 ans de contrat, lentreprise a dégagé des
gains financiers sur 3 ans. Il y a un système de bonus malus sur la qualité, qui a été
négocié pendant deux ans. Lentreprise a obtenu un bonus une année, mais un malus
(sur la ponctualité) la deuxième année. Ce quon appelle
" lautorité organisatrice " (composée des collectivités
locales et de l Etat majoritaire) définit le service public. La SNCF a connu aussi
la tentation de multiplier les indicateurs. Au total, cette démarche est motivante pour
les agents. A lexpérience, 5 ans est une bonne durée, à condition quil soit
possible de passer des avenants.
Odile Sallard (directrice du Service de la gestion publique
de l'OCDE)
Dans la plupart des pays, on tente de passer d'une gestion
des règles à lobtention des résultats. On apprécie plus les agents sur le
respect des règles, mais sur ses performances. Les pays sont plus ou moins avancés.
Il n'y a pas de solution unique, il n'y a pas de système
vraiment mature. Globalement, les services se sont améliorés et au moindre coût.
| Et la magistrature ?
Intervention remarquée, de Denis Piveteau, ex chargé de
la gestion du risque à la Cnamts, où il a laissé le souvenir dun acteur
déterminé et volontaire dans le secteur quil avait en charge.
Par contre, on est un peu resté perplexe en écoutant son
intervention sur le service à lusager. Les tribunaux ont du retard dans le rendu
des jugements ? Denis Piveteau nous dit en substance que la qualité ne se résume
pas à la rapidité de ces jugements, mais aussi à leur qualité, à la qualité des
motivations, à la publication des décisions. Il a exposé les limites des mesures, et
expliqué par exemple que les indicateurs de gestion du risque en assurance maladie, ne
pouvaient pas tenir compte des contraintes et des difficultés du contexte.
Certes
Tout de même, on avait par moment le
sentiment dentendre le discours de tous ceux, qui, dans la Sécurité sociale, se
trouvent de bonnes raisons de ne pas mesurer la qualité du service. Le discours qui
consiste à aligner toutes les contraintes qui empêchent de faire, au lieu de chercher
les moyens de construire malgré tout, est le même quon reproche parfois aux
collaborateurs qui manifestent un enthousiasme très mesuré à entreprendre ce quon
leur demande de faire. Au demeurant, le scenario présenté était-il le bon ? Il y a
certes quelques indicateurs de régulation (surtout de moyens), mais les plus nombreux et
les plus importants portent prioritairement sur le service aux usagers.
Et dans ce domaine, on a beau dire on a beau faire, ce que
ces derniers attendent, cest dabord dêtre remboursés ou payés dans
des délais décents, dêtre reçus convenablement, et de pouvoir téléphoner
normalement à leur caisse. Tout le reste est de la littérature, et la beauté de la
liquidation comme lesthétique intrinsèque dun jugement, intéresse
dabord ceux qui les mettent en uvre, beaucoup moins ceux qui en sont les
bénéficiaires. Plus exactement, si la qualité interne à une
grande importance, cest dans 20% des cas, dans 80% des cas qui sont assez simples,
cest dabord le délai qui prime. La situation serait-elle très différente
dans le domaine judiciaire ?
Au demeurant, il y a un paradoxe à exiger des Caisses
quelles respectent des délais, et de voir ensuite un usager
qui a loutrecuidance de contester une décision, devoir attendre des mois, voire des
années, quun Tribunal veuille bien lui dire son droit, alors quil sagit
parfois de pauvres gens qui attendent quelques indemnités pour survivre. Ne serait-il pas
possible détendre les COG aux organismes qui prolongent notre service ?
LEtat devrait peut-être désormais faire le ménage dans ses propres instances, et
il serait fort intéressant de publier les délais de rendu de jugements entre les
différents tribunaux des affaires sociales par exemple, voire de se pencher sur
lefficacité de leurs organisations, plutôt que sempiternellement se plaindre,
comme de coutume, du fameux " manque de moyens ".
A quand une Convention dobjectif et de gestion, qui
sintéresse au service attendu par le Justiciable ? |
| Tables rondes ou
suites de monologues ?
La formule " table ronde " na de rondeur que lexpression. En guise de
table ronde, on nous sert en définitive dans chaque colloque des intervenants en rang
doignon, qui débitent à tour de rôle le grand monologue du Cid :
" Sous moi donc cette troupe savance, et porte sur le front une mâle
assurance
".
Le meilleur moyen de promouvoir la langue dite de bois, est encore cette mise en scène, avec
lanimateur-journaliste-de service, chèrement payé pour mettre en valeur les
intervenants.
Heureusement que la plupart des intervenants sont de grands
acteurs, capables de donner un peu de souffle à leur propos, mais tout de même, ne
pourrait-on avoir de temps en temps des vrais tables rondes, qui suscitent le dialogue et
la confrontation ? |
| Forum unique pour un
inter Régimes
On a entendu quelques
grincement de dents du côté des Régimes AMPI et agricole : motif du
désappointement, sil y avait bien quelques représentants de ces régimes dans la
salle, par contre, ils étaient fort peu présents à la tribune. La table ronde des
administrateurs notamment, a réuni tous les Présidents des caisses nationales du Régime
général, mais les petits régimes étaient manifestement
absents. Par contre, il paraît quils nont pas été oubliés au moment de
lenvoi de la facture. Naurait-on pas toujours toutes les attentions que
lon mérite ? |
Le forum COG comme si vous y étiez allés :
Les 4 et 5 Mars 2003 sest tenu au Palais des Congrès
de Paris, le premier forum de la Convention dobjectif et de gestion sur le thème de
" la contractualisation au service des usagers ". Pour la première
fois tous les dirigeants de tous les régimes ( les 4 branches du régime général ainsi
que lORGANIC, les AVA, la MSA, et les CMR) étaient réunis autour de ce que M.
Libault, Directeur de la Sécurité Sociale, a nommé le " forum des
partages ". Et, de fait, lensemble des réflexions se sont tournées vers
des préoccupations communes : la modernisation de la Sécurité Sociale, sa gestion
et sa performance.
Pour soutenir lambition de cette démarche, ce ne
sont pas moins de quatre ministres qui sont venus apporter leurs encouragements marqués
à ce quils jugent être une " démarche de pionnier " pour la
Sécurité Sociale. En effet si la France a été montrée comme lanterne rouge par
lOCDE, dans sa démarche de modernisation des Services Publics, la Sécurité
Sociale, en inaugurant dès 1997 la contractualisation a acquis un temps davance
dont M. Libault juge quil tend à favoriser lamélioration de la perception de
limage de la Sécurité Sociale auprès des citoyens-usagers.
M. Mattei, ministre de la santé, de la famille et des
personnes handicapées, sest dit " très attaché à la démarche
contractuelle, car elle implique une confiance réciproque ". En effet, depuis 7
ans quexistent les COG et à laube de la troisième génération, il convenait
de faire un bilan constructif qui permette que dans les nouvelles COG, la perception
concrète de lengagement de la Sécurité Sociale dans une démarche qualité pour
les usagers soit plus visible. Car si des intervenants, au cours des ateliers-débats se
sont demandés sil était raisonnable de vouloir la
" perfection " dans notre service public, il leur a été rappelé que
tout de même, pour linstant, nous en étions suffisamment éloignés pour que cela
ne nécessite pas ce genre détats dâme.
Malgré les tensions actuelles perceptibles, dans certaines
branches de lInstitution, ce forum sest caractérisé par une unanimité des
points de vue, tant à la tribune quau cours des ateliers de travail. Tous, en
effet, se sont accordés à dire que la démarche de contractualisation était synonyme de
progrès. Le débat était donc ailleurs, M. Yahiel citant Jean Giono la
méthodiquement pointé : " Suis-je plus fort lorsque jagis
seul ? "Non, bien sûr. La seule question quil convenait donc de se
poser en ces lieux était dès lors celle des lignes de force dune convention
dobjectif et de gestion. M. Mattei, qui a introduit le colloque, a rappelé
quelles saxaient autour de quatre idées :
- la contractualisation introduit une modernisation dans les
relations entre lEtat et la Sécurité Sociale. Cest un nouveau mode de
gestion des services publics qui rend les co-contractants encore plus exigeants, non
seulement avec le partenaire mais avec lui même.
- La contractualisation lie directement la démarche de
définition dobjectif avec celle datteinte de résultat. Car même sil
semble conceptuellement évident de relier les deux, il est toujours bon de rappeler que
" la perfection est le guide de laction et lexcellence
lobjectif ".
- La contractualisation est un vecteur de transparence et de
démocratie, notamment du fait de lévaluation quelle implique.
- Enfin, la contractualisation aidera à passer du service
rendu au service attendu.
Au cours des débats, en effet, les participants nont
eu de cesse de se poser la question de la qualité du service rendu aux différents
publics de la Sécurité Sociale. En effet même si les deux précédentes générations
de convention ont déployé une grande créativité pour trouver des indicateurs
pertinents, les nouvelles COG auront pour ambition de se confronter à un jugement bien
peu compatissant : celui des usagers, car M. Mattei la rapellé " le
service public doit accepté dêtre évalué par ses usagers ".
Deux messages devront pouvoir être perçus pour
lusager du service public de la Sécurité Sociale, celui de la proximité et celui
de la simplification. Ainsi dans la complexité des situations multiples où
sexpriment des besoins et des attentes spécifiques, il faudra viser une approche
client qui permette un traitement individualisé. En effet notre service public tient une
place importante au sein de cette société où les situations de précarité se
multiplient.
" La Sécurité sociale est notre bien le plus
précieux " a réaffirmé M. Fillon, tandis quil était rappelé que pour
certains, la relation avec notre service public est le seul lien social. Pour faire mieux
il ne faut donc pas proposer des services mais anticiper les besoins. La simplification,
quant à elle, est garante dun meilleur accès au droit pour tous. Ainsi, M.
Plagnol, secrétaire détat à la réforme de lEtat, a fermement rappelé que
des efforts devaient encore être faits pour rendre les courriers plus compréhensibles.
La contractualisation, notamment autour de ces deux
thèmes, nest pas quune démarche symbolique. Comme la souligné M.
Prétot, la contractualisation est une réforme qui consiste à " inscrire le
fonctionnement de la Sécurité Sociale dans une logique de chaîne de
responsabilité ". Par ailleurs, en ce qui concerne la relation caisse
nationale/ caisses locales le fait de contractualiser est créateur de réseau. Cela a
généré une coopération entre les caisses bien supérieure à ce qui existait avant.
Reste à savoir si de tous ces bienfaits du contrat la
qualité du service rendu à lusager en sortira grandi
Nathalie Nowara
Jean Claude Barbot : Les attentes des
" clientèles "
- Que nous disent nos
publics ? (extraits)
Un service de base irréprochable pour tous, sur tout le territoire et tout au long de
l'année.
La rapidité
Pour l'essentiel, c'est avant tout la
rapidité de règlement des remboursements pour les assurés, des paiements pour les
professionnels de santé en tiers-payant. Ce sujet semble aujourdhui maîtrisé,
nous avons depuis plusieurs mois des délais de règlement tout à fait conformes à la
demande de nos clientèles
mais le doute subsiste encore. C'est aussi, le
versement, sans rupture, des revenus de substitution pour une maternité, une maladie, un
arrêt de travail. Ce qui n'est pas le cas "des IJ, c'est toujours trop long",
"on attend deux mois, parfois plus, c'est difficile pour les petits salariés".
Et ils ont raison ! Près d'une fois sur deux, le délai dépasse un mois (hors
subrogation). Et, cela ne peut être autrement dans le cadre du dispositif actuel
J'y reviendrai plus tard.
Pour nos clientèles,
il y a eu certes des progrès, mais il faut aller encore plus vite.
La fiabilité
"Bravo pour la carte vitale et le
tiers-payant, cela nous simplifie la vie "reconnaissent les assurés
mais
attention, il n'est pas rare que dès lors qu'il y a un changement de situation "la
machine se bloque
sans que l'intéressé le sache !".
Pour nos clientèles,
il faut être plus fiable et plus réactif.
La fluidité
Pour les assurés, c'est : "on
apporterait le document nécessaire et le changement serait immédiat dans vos
fichiers".
Nous ne sommes pas des usagers mais des
catégories de clientèles avec des besoins particuliers
Assurés
Considérez nous comme
ailleurs, comme des clients et "faites-nous davantage confiance".
Quand je change d'adresse, un seul coup de
fil devrait suffire
comme ailleurs ! En plus, si je me suis trompé, vous avez tout
loisir de vérifier et de corriger, je suis chez vous pour toute ma vie ! !.
Professionnels de santé
"Moi, pharmacien, moi, kiné, je ne
veux plus être noyé dans vos multiples dispositifs d'informations et d'assistance, dans
tous vos supports (service médical, CPAM, URCAM, national
)
je veux une aide
conçue autour des préoccupations de ma profession, de mon activité
c'est tout!
Considérez notre
demande et nous apprécierons
Pour les professionnels de santé, "on
verrait avec avantage l'assurance maladie, ou une autre entité, traiter toutes les
réclamations, y compris celles relevant de la part complémentaire.
Ce sentiment est conforté par les
évolutions en cours dans le monde des services
la SNCF qui, outre le transport,
assume la restauration dans le train, la réservation de taxi et dhôtel. La banque
qui propose des produits d'assurances et des voyages
Les frontières se diluent pour
répondre à une attente de service global et plus individualisé.
Un service est avant tout co-produit.
Il appelle une reconstruction des parcours clients autour de la réalité vécue par nos
publics
Au fond, tout a été imaginé sans le
client :
- On a imaginé un salarié qui, quelle que soit la gravité
de l'accident, exige et obtienne une feuille darrêt de travail dun médecin
immédiatement (gage du tiers payant intégral).
- On a imaginé un employeur qui sous 48 heures adresserait
une attestation de salaire.
- On a anticipé une parfaite synergie dans la définition des
priorités de services administratifs/médicaux de l'assurance maladie mais aussi dans
certaines situations avec les médecins traitants, le médecin du travail,
linspection du travail.
- On a admis que chaque assuré disposerait d'une parfaite
connaissance de la législation AT, MP.
- On a conçu des règles de calcul de lindemnisation
dans une période de relative stabilité de lemploi , ce qui nest plus le cas,
une règle du diviseur subtile
Et on s'est trompé
Etonnant,
non ! disait Pierre Desproges avec comme incidence des délais de règlement des
indemnités journalières > 2 mois et un accompagnement insuffisant des difficultés
qui en résultent pour les salariés.
C'est tous ces parcours client qu'il nous
faut réinventer pour les femmes enceintes, les maladies professionnelles, les salariés
en arrêt de travail.
En résumé, l'assurance maladie doit
accomplir une mutation
celle d'un modèle dorganisation encore, pour partie,
autocentrée sur ces logiques de territoire vers un modèle dorganisation
résolument ouverte sur les aspirations de ses clientèles. Cest à dire une
véritable entreprise de service
dotée d'une stratégie de service pour tous et
pour chacun et en phase avec la demande de toutes ses clientèles.
Considérez nous
comme ailleurs, comme des clients et faites-nous davantage confiance".
Quand je change d'adresse, un seul coup de fil devrait suffire
comme ailleurs ! En
plus, si je me suis trompé, vous avez tout loisir de vérifier et de corriger, je suis
chez vous pour toute ma vie ! !
Il paraît quon peut changer
ladresse dun assuré sur un simple coup de fil ? Il va falloir expliquer
cela à quelques représentants des tutelles, et à quelques agents-comptables !
Pour les professionnels de santé, "on
verrait avec avantage l'assurance maladie, ou une autre entité, traiter toutes les
réclamations, y compris celles relevant de la part complémentaire.
Les caisses devraient traiter les réclamations
concernant la part complémentaire ? Mais cest déjà ce quelles font:
toute absence de remboursement en tiers payant liée à labsence douverture de
droit de la part complémentaire entraîne instantanément une lettre dengueulade
des professionnels de santé, évidemment adressée aux CPAM. Sagissant des
assurés, entre la CMU et la Sur-Cmu, ce sont bien les caisses de sécurité sociale qui
sont au front office.
"Moi, pharmacien, moi, kiné, je ne veux plus
être noyé dans vos multiples dispositifs d'informations et d'assistance, dans tous vos
supports (service médical, CPAM, URCAM, national
)
je veux une aide conçue
autour des préoccupations de ma profession, de mon activité
c'est tout!
Va-t-il falloir expliquer au Service médical
quun courrier avec en en-tête lintitulé " CNAMTS Echelon
local du service médical " donne la gratifiante impression dune
prestigieuse indépendance, mais embrouille complètement lusager professionnel de
santé, qui ne comprend rien à nos guerres Pichrocholines de territoire.
A.G |