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Numéro 54
Reportage
JAM en accord majeur ?
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JAM EN ACCORD MAJEUR ?
Les huitièmes journées de lAssurance maladie se
sont tenues à Nice, sur le thème de " Laccord majeur ". Au
fait, faut-il dire les 8èmes JAM, à propos de cette manifestation non
numérotée, comme sil ny avait pas dhéritage, qui se tiennent pour la
deuxième fois dans la même bonne ville de Nice, après un trou
de plusieurs années sans grande messe annoncée ?
Rappelons en effet que les dernières JAM connues avaient
eu lieu à Villepinte, sur les terres de notre collègue désormais en retraite Claude
Delaveau. Rappelons aussi quelles avaient reçu la visite dun ministre de la
santé, qui était une femme, dans un gouvernement de droite. Cette fois, cest
Monsieur Mattei, qui à son tour, à visité les stands exposant les réalisations des
caisses, comme dailleurs il lavait fait une semaine auparavant au forum COG.
Il faut saluer lorganisation de la CPAM de Nice, qui
avait mobilisé une partie importante (et volontaire) de son personnel sur les lieux, pour
jouer entre autres les hôtesses daccueil. Jean-Jacques Greffeuille a poussé le
perfectionnisme jusquà organiser quelques manifestations dinfirmières et
autres syndicats devant lAcropolis, mais pas trop agressives, voire même teintées
dhumour pour les paramédicaux de la FNI, afin de mettre un peu dambiance dans
des JAM qui ont parfois manqué quelque peu denthousiasme.
Malgré tout la deuxième journée sest déroulée
plus hardiment, et sest conclue sur le point dorgue de lintervention
ministérielle.
Entre temps, on est passé des séances plénières en
ateliers de discussion, dont certains ont paru très intéressants (notamment celui sur la
bio-éthique), mais qui ont, pour dautres, aligné aussi quelques banalités des
sociologues de salon à la mode (ce qui a plutôt été le cas de la table ronde sur
le rôle des partenaires).
En témoignent les quelques propos que nous avons
récupérés :
Propos de table ronde
Le syndicalisme est en grand état de délabrement. Les
syndicalistes sont en état de vieillissement. Les militants, qui ont le profil type
" Porto Allegre " sont plus modernes. Sont-ils la relève de demain?
Il y a des conflits d'intérêt, c'est normal. On se
réunit, on débat. Lexemple de la violence à la télévision est typique. Faut-il
privilégier la liberté dexpression, ou la protection de la jeunesse ?
Cest là une régulation assez facile dans dautres pays. Mais en France, nous
avons du mal à dépasser nos intérêts corporatistes.
Dans les sociétés démocratiques, on naccepte plus
l'idée d'être représenté par quelquun. Chacun veut décider ce qui est bien ou
mal pour ce qui le concerne. Il y a une contradiction entre la liberté, et la
régulation. Les Institutions sont un peu des institutions de façade.
Nous n'aurions pas la sécurité sociale, et la santé et
la longévité qui est la nôtre sans les syndicats. Et puis il y a les associations, qui
très nombreuses. La concertation pourrait avancer avec ce réseau associatif.
Nous vivons une époque de paradoxe : beaucoup de
choses vont objectivement mieux, et pourtant on a le sentiment que la société est plus
dure avec les gens.
Que penser en effet de quelques constats sur létat
social, qui saffirment péremptoirement comme des vérités à vénérer ? On
ne voit pas en quoi les militants type Porto allegre seraient plus
modernes et plus représentatifs que dautres : ils ne tirent pas leur
légitimité de lélection mais dun écho médiatique très amplifié, et
parfois hélas dune confiscation à leur profit du fonds de commerce de
léthique.
Enfin, il est un peu court daffirmer froidement que
nous naurions pas la santé et la longévité sans notre sécurité sociale telle
quelle se présente, comme on la souvent entendu dailleurs dans ce
colloque : sans rien vouloir enlever aux mérites évidents de notre système pour ce
qui concerne la France, il y a beaucoup de pays modernes qui peuvent shonorer par
exemple dune politique de santé aussi performante que la nôtre, souvent bien moins
onéreuse, alors même que les modes de gestion en sont très différents des nôtres.
Lannonce faite au réseau sur la reconfiguration
Résumé des épisodes précédents : une
reconfiguration du réseau est annoncée à grand renforts de
tambours et trompettes. On se réunit, on fait des groupes et des sous-groupes de travail,
on séminarise et on colloque à tout va de Ponteau-Combault à Poitiers. On parle de
tout, sauf de la reconfiguration des structures qui devient une sorte de sujet tabou, le
seul objet du ressentiment national affiché étant celui des missions.
Après " nous demain " et
" nos missions demain " (JAM Strasbourg), voilà le temps de
" nous aujourdhui " et nos " nos missions
maintenant " : le service, le risque professionnel, la régulation.
Fondu enchaîné : tout le monde attend à Nice de
savoir à quelle sauce les cpam ou les cram vont être mangées, les urcam et les
échelons régionaux médicaux accommodés, dautant quun certain rapport
Ruellan a créé quelque émoi à certains niveaux régionaux. La salle attend, le
suspense est dimportance, mais pas dannonce très concrète.
Certes, dans cette histoire, la Branche sest tout de
même mobilisée sur un meilleur service à lassuré, et ce nest pas rien.
Mais chacun est reparti sur ses terres, un peu indécis sur son sort, et interrogatif sur
son avenir.
Le Président Spaeth
L' Etat doit décider des dépenses. Nous voulons une
claire délégation pour faire l'interface.
L'objectif de progression de 5,3% voté par le Parlement est atteignable. Mais nous sommes
en déficit car la situation économique est grave. Malgré cela que personne ne remet en
cause la Sécurité sociale.
Les engagements conventionnels sont prometteurs. Le respect
des tarifs est important. Nous ne voulons pas de secteur 2, car cest donner tous les
pouvoirs au médecin, dans une situation où le malade nest pas à égalité. La
responsabilisation dont on nous parle ne doit pas se traduire par un ticket modérateur,
dont on sait bien quil na jamais rien régulé. L'Etat doit dire quels sont
les biens de santé pris en charge, éventuellement intégralement, par lAssureur de
base et par le complémentaire.
La légitimité procède de la Loi. Comment les acteurs
prennent leur place et leur rôle est une autre question. Le Medef est parti. On sait bien
quun système qui par ailleurs serait étatisé, serait en partie privatisé.
Létatisation, cest une forme dassistance. L'Etat n'est pas gouvernant
mais garant.
Il ne faut pas remettre en cause légalité devant
les soins. Il ne faut pas de régionalisation, les exemples de l Espagne et
lItalie montrent que cest un échec. Le champ complémentaire doit être
élargi.
Daniel Lenoir
L'excellence est le meilleur remède à la privatisation.
Le mouvement consumériste a relevé le niveau d'exigence de la demande. Nous avons
vocation à réguler le système de soins, pas seulement à effectuer des remboursements.
Nous sommes au standard de qualité pour les remboursements, mais pas encore en AT et
invalidité.
Un assureur privé n'a pas intérêt à faire de la
prévention, qui bénéficie à tout le monde. La prévention est le fait d'acteurs qui
gèrent un intérêt collectif.
Certains voudraient que je livre un projet clé en main. Ce
serait un outrage à votre intelligence, à notre intelligence collective. Les modèles
conçus en laboratoire ne fonctionnent pas.
Quelques affirmations entendues qui mériteraient débats
Le propre des colloques est de mettre des personnalités
sur scène, qui peuvent asséner quelques propos de circonstances, sans crainte
dêtre contredits par une assistance réduite au silence. Nous avons relevé à
titre dexemple :
" Nous sommes en déficit
parce que la situation économique est grave ". (J. M. SPAETH). Tout
le monde sait que lévolution des dépenses contribue grandement au déficit, et à
la gravité de la situation économique.
" Létatisation,
cest une forme dassistance " (J. M. SPAETH).
Dans lorganisation franco-française, lEtat
soccupe de lassistance et lAssurance maladie de la solidarité. Mais ce
paradigme, au demeurant discutable dans les faits, nest pas universel.
" Il ne faut pas de
régionalisation, lexemple de lEspagne et de lItalie montrent que
cest un échec ".
Présenter froidement la décentralisation en Espagne comme
un " échec " relève dune certaine méconnaissance de la
réalité. Au demeurant, les systèmes des pays latins, comme ceux des pays Scandinaves,
sont organisés différemment de ce quon envisage avec les ARS telles quon les
imagine en France.
Un assureur privé n'a pas intérêt
à faire de la prévention, qui bénéficie à tout le monde. La prévention est le fait
d'acteurs qui gèrent un intérêt collectif. (D. LENOIR)
De ce quon peut en voir sur le terrain, les
HMO aux USA font de la prévention de façon intensive, afin déviter les
dépenses de soins curatifs.
A quand
la reconfiguration des SLM ?
A lheure où on exige des CPAM reconfiguration et
mutualisation, alors même que les dirigeants des Sections locales mutuelles sont à
loccasion nos patrons en qualité dadministrateurs, ne serait-il pas opportun
de proposer le projet de reconfiguration aux intéressées aussi ? |
Extraits de
lintervention de Jean-François Mattéi, Ministre de la Santé, de la Famille et des
Personnes Handicapées
Vous ne serez pas étonné qu'au premier
rang de mes préoccupations, j'inscrive l'évolution des dépenses d'Assurance
Maladie. Ne vous méprenez pas. Je n'éprouve aucun embarras à l'égard de la
progression de ces dépenses. Elle est normale. Elle est heureuse. Elle est normale parce que nous disposons d'une offre médicale et paramédicale de soins importante. Elle
s'explique par les investissements en équipements et bâtiments, mais aussi en formation
et en recrutement. Ils mettent à disposition de notre population des équipes soignantes
performantes. Elle est le fruit d'années de recherche nationale et internationale. Elle
résulte d'une législation en progrès réguliers qui permet l'accès de tous aux soins,
au point que la principale inégalité face à la santé n'est pas de ressources mais
d'information car le parcours dans le système de soins est complexe. Cette évolution de
nos dépenses de santé est l'un des marqueurs les plus significatifs de civilisation.
C'est pourquoi elle est heureuse. En tout cas, je refuse la contradiction quelque peu
hypocrite qui confère à la santé un caractère de bien supérieur et fait des dépenses
de santé un péché contre l'économie. (
)
Cela ne signifie pas que je suis sans
inquiétude face au déséquilibre des comptes. Ce déséquilibre menace la pérennité de
cet alliage d'une offre de soins de qualité et d'une prise en charge de haut niveau.
Cette inquiétude trouve aussi sa source dans le constat peu rassurant que toutes les
méthodes ont échoué. La raréfaction progressive de l'offre par le numerus clausus des
professions de santé crée les premiers déséquilibres démographiques, sans que la
dépense en soit contenue. Les déremboursements successifs n'ont pas davantage apporté
de remède durable. Les mécanismes de contrainte financière ont révolté les
professions de santé sans infléchir la tendance des comptes.
Ce ne sont pas là des raisons de
désespérer pour autant. Au contraire, c'est dans la lucidité du constat que l'on trouve
l'impulsion pour trouver enfin une solution durable à construire. Et d'abord pour
implanter une nouvelle méthode : la confiance et le dialogue sans lesquels désormais on
ne construira plus rien dans nos sociétés démocratiques. Car l'on veut désormais être
consulté pour adhérer ou, au moins, admettre une réforme ; et l'on veut être respecté
pour participer à sa mise en uvre. L'application de cette méthode commence à
donner ses fruits, même si je n'ignore pas la fragilité du climat nouveau. (
)
Cette méthode est au service de la seule
voie praticable : le partage des responsabilités. Si le nombre d'acteurs du système de
santé est grand, le nombre de paramètres est plus limité. Ou bien l'on agit sur le
financement, ou bien l'on intervient sur les dépenses. La complexité de la situation
impliquera probablement de jouer sur chaque registre. Le financement solidaire est
contraint par les engagements communautaires de la France et la nécessité de ne pas
handicaper la compétitivité de nos entreprises. Il convient, de plus, de ne pas imposer
d'efforts supplémentaires à ceux qui contribuent avec des revenus modestes. Mais il y a
aussi le financement responsable, celui qui repose sur des activités et comportements qui
sont sources d'une partie, parfois importante, de la dépense de santé. C'est le cas bien
connu du tabac et de l'alcool. Mais il convient de se demander si d'autres comportements
à risque ou si des comportements davantage inspirés du consumérisme médical que du
souci légitime de santé ne doivent pas avoir une contrepartie de financement
supplémentaire. (
)
L'action sur la dépense est également
nécessaire. Mais il ne s'agit pas, comme on le croit par inertie de pensée, d'une action
de rationnement. L'action sur la dépense doit s'attacher à sa justification et son
efficacité. Je le redis fermement, c'est l'honneur d'une société comme la nôtre de
dépenser tout ce qui conviendra pour ceux que la maladie frappe, et chacun de nous sait
bien qu'il souhaite que le maximum soit fait, en fonction de l'état de l'art, pour lui ou
ses proches, quand la maladie survient. Mais c'est la vocation des acteurs du système de
santé d'éviter les dépenses inutiles. Il appartient à l'Etat et aux gestionnaires de
l'Assurance Maladie de recomposer l'offre. Il appartient aux citoyens d'adopter les
comportements responsables de recours mesuré aux soins. (
)
La qualité des soins, c'est d'abord et
essentiellement l'affaire des professionnels de santé. Il faut que cela soit clair: c'est
la condition de l'acceptabilité de la démarche "qualité" par ceux qui
en ont, in fine, la charge. La qualité et l'évaluation ne peuvent leur apparaître comme
des exigences extérieures, imposées par les caisses d'assurance maladie ou par l'Etat.
La contrepartie logique est que ces professionnels se regroupent pour concevoir et
organiser la promotion de la qualité. C'est déjà, s'agissant des médecins, le rôle de
leurs unions régionales. J'en attends un engagement accru. Cependant, l'assurance
maladie, parce qu'elle peut mettre à disposition des financements, parce qu'elle est
dépositaire des intérêts des assurés sociaux, peut prendre une part au développement
de la qualité et de l'évaluation. Elle ne peut le faire que dans un contexte de
partenariat. Ce qui implique de porter un autre regard sur ces professionnels qui ne
doivent plus sentir, de la part des caisses, suspicion ou hostilité. Il faut effacer ces
années de conflits. On peut comprendre les tensions d'une négociation conventionnelle,
nationale et à échéances espacées. On ne peut admettre le litige permanent au plan
local. Pour cela, je souhaite que soit mieux distingué le contrôle des professionnels de
santé, qui demeure une nécessité et le conseil au développement des meilleures
pratiques. Je voudrais que l'entretien confraternel soit le mode dominant de l'action de
la "médecine-conseil" dont la mission apparaît ainsi comme essentielle.
Vous voyez bien que l'essentiel de votre
action porte désormais sur les comportements: ceux des citoyens à qui il est demandé de
modérer voire d'abandonner certaines consommations ou d'adopter de nouvelles pratiques.
Les professionnels sont appelés à assurer la coordination des soins, à développer le
travail pluridisciplinaire, à faire retour sur leur manière de faire. Toutes choses qui
ne relèvent pas de l'action publique traditionnelle : coercitive, normative.
L'explication, le dialogue, l'art de convaincre et l'incitation sont les voies modernes de
l'action. Et par un juste retour, ce sont vos méthodes qui doivent aussi être
modifiées. (
)
Mais je ne veux pas davantage de faux
semblants. Accroître l'efficacité de nos institutions est un impératif social,
économique et politique. Je ferai preuve de pragmatisme et je serai attentif aux
propositions concrètes de changement qui me seront adressées. J'attends, vous le savez,
pour la fin du mois d'avril les contributions de toutes les forces vives du pays. Je rejetterai
celles qui, sous couvert de quelques aménagements de façade, n'ont d'autre but que de
maintenir un système à bout de souffle. Je ne peux accepter le constat du rapport établi par Madame RUELLAN - son auteur n'est évidemment pas en cause - selon lequel
notre système d'assurance maladie n'est malade que de l'Etat.
Parce que je n'imagine pas que le grand
mouvement de décentralisation qui anime l'Etat puisse laisser de côté l'Assurance
Maladie, je crois qu'il faut bâtir à partir de l'échelon régional. A ce stade, on peut
concilier la proximité des décisions et le recul nécessaire à l'organisation
stratégique. Ce n'est aussi qu'à cet échelon que l'on peut réunir les compétences "pointues" qu'exige la gestion d'un système aussi complexe. C'est enfin à ce niveau qu'apparaissent
de façon plus visible les incohérences d'une organisation qui sépare administrativement
soins et prévention, médecine hospitalière et médecine de ville. Or cette dernière
distinction tend à s'estomper sur le plan médical et ne doit plus, à tout le moins,
constituer un clivage. Il est en effet nécessaire d'assurer au malade un continuum de
parcours qui concilie les bienfaits de la haute technologie hospitalière et le bénéfice
d'un traitement dans son milieu de vie social et familial.
Voilà pourquoi un axe important de la
réforme consistera à conférer un rôle accru aux URCAM et à assurer une meilleure
synergie de ces unions et des ARH au sein des futures agences régionales de santé.
L'organisation de l'Assurance Maladie au plan régional est éclatée et il faudra
remédier à cette situation préjudiciable à votre institution. Cela ne préjuge pas
d'une formule organisationnelle déterminée. En tout état de cause, je souhaite donner
davantage de pouvoirs propres aux responsables régionaux afin que l'initiative ne soit
plus une exclusivité nationale. Les échelons locaux, et je pense ici plus
particulièrement aux Caisses Primaires, ne seront pas les victimes de cette
régionalisation du pilotage de la santé et de l'Assurance Maladie parce que la
véritable proximité de l'action, c'est bien sûr dans le cadre départemental qu'elle se
réalise.
Les lignes tracées dernièrement à Rouen
par le Premier ministre sont claires : les régions politiques auront la responsabilité
d'élaborer des programmes de santé publique spécifiques ; elles s'impliqueront dans la
politique d'offre de soins en prenant part aux schémas régionaux d'organisation
sanitaire et en trouvant place dans les agences régionales de l'hospitalisation. Elles
pourront financer l'investissement hospitalier et l'organisation de la formation des
professions paramédicales. Vous comprenez donc que la régionalisation dont il est
question est une gestion renforcée au niveau régional et non pas une modulation
régionale des contributions et des prestations sociales. (
)
Il conviendra de trouver également la voie
d'une meilleure association des usagers et notamment des patients ainsi que des
professions de santé, sans que cela nuise à l'efficacité du management.
Tous les acteurs doivent participer à la
recherche des difficiles problèmes qui se posent. Les rôles de chacun doivent être
convenablement étagés - consultation, négociation, décision - afin que la
confrontation légitime des intérêts n'aboutisse pas à la paralysie.
Mais c'est à propos de la place des
partenaires sociaux que nous serons peut-être appelés à faire preuve d'innovation pour
tenir compte des positions de certaines organisations et de l'évolution des fondements de
notre Assurance Maladie - tant dans son mode de financement que dans le droit à
prestations. La démocratie sociale, corollaire de la démocratie politique, doit être
confortée. Pour cela, elle devra trouver probablement d'autres modes d'expression. Vous
me verrez attaché à renouveler notre tradition d'une présence forte des partenaires
sociaux au sein des institutions de sécurité sociale. C'est le sens de mon rejet de
l'étatisation. (
)
EXTRAITS BD :
| Vous ne serez pas étonné qu'au
premier rang de mes préoccupations, j'inscrive l'évolution des dépenses d'Assurance
Maladie. Ne vous méprenez pas. Je n'éprouve aucun embarras à l'égard de la
progression de ces dépenses. Elle est normale. Elle est heureuse. |
| Cela ne signifie pas que je suis sans
inquiétude face au déséquilibre des comptes |
| Cependant, l'assurance maladie, parce
qu'elle peut mettre à disposition des financements, parce qu'elle est dépositaire des
intérêts des assurés sociaux, peut prendre une part au développement de la qualité et
de l'évaluation. Elle ne peut le faire que dans un contexte de partenariat. Ce qui
implique de porter un autre regard sur ces professionnels qui ne doivent plus sentir, de
la part des caisses, suspicion ou hostilité. Il faut effacer ces années de conflits. On
peut comprendre les tensions d'une négociation conventionnelle, nationale et à
échéances espacées. On ne peut admettre le litige permanent au plan local |
Vous voyez bien que
l'essentiel de votre action porte désormais sur les comportements: ceux des citoyens à
qui il est demandé de modérer voire d'abandonner certaines consommations ou d'adopter de
nouvelles pratiques. Les professionnels sont appelés à assurer la coordination des
soins, à développer le travail pluridisciplinaire, à faire retour sur leur manière de
faire. Toutes choses qui ne relèvent pas de l'action publique traditionnelle :
coercitive, normative. L'explication, le dialogue, l'art de convaincre et l'incitation
sont les voies modernes de l'action. Et par un juste retour, ce sont vos méthodes qui
doivent aussi être modifiées. |
J'attends, vous le
savez, pour la fin du mois d'avril les contributions de toutes les forces vives du pays.
Je rejetterai celles qui, sous couvert de quelques aménagements de façade, n'ont d'autre
but que de maintenir un système à bout de souffle. Je ne peux accepter le constat du
rapport établi par Madame RUELLAN - son auteur n'est évidemment pas en cause - selon
lequel notre système d'assurance maladie n'est malade que de l'Etat. |
Voilà pourquoi un
axe important de la réforme consistera à conférer un rôle accru aux URCAM et à
assurer une meilleure synergie de ces unions et des ARH au sein des futures agences
régionales de santé. L'organisation de l'Assurance Maladie au plan régional est
éclatée et il faudra remédier à cette situation préjudiciable à votre institution.
Cela ne préjuge pas d'une formule organisationnelle déterminée. En tout état de cause,
je souhaite donner davantage de pouvoirs propres aux responsables régionaux afin que
l'initiative ne soit plus une exclusivité nationale. Les échelons locaux, et je pense
ici plus particulièrement aux Caisses Primaires, ne seront pas les victimes de cette
régionalisation du pilotage de la santé et de l'Assurance Maladie parce que la
véritable proximité de l'action, c'est bien sûr dans le cadre départemental qu'elle se
réalise. |