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Numéro 55
Interview
Jean-François Chadelat
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Rapport Chadelat :
La complémentarité dans tout ses états
Interview : Gérard Arcéga et Nathalie Nowara
Jean-François Chadelat est bien connu des acteurs de
lInstitution Sécurité sociale. Il a déjà rédigé un rapport sur le financement
social par la cotisation sur la valeur ajoutée (voir Elan social n°
) sous le
gouvernement de M. Juppé. Finalement, le gouvernement de M. Jospin a préféré une autre
solution, préconisée par le rapport Malinvaud, qui se fondait sur l'allègement des
cotisations des bas salaires.
Jean-François Chadelat a également été directeur du Fond Solidarité
Vieillesse, et auparavant directeur de lACOSS (cest alors Philippe Seguin qui
était ministre des affaires sociales), où il a succédé à Benjamin Ifergan, connu pour
avoir rendu performante la gestion de trésorerie de lInstitution.
On a retenu de son passage à lACOSS le lancement dune
politique de communication dynamique, ainsi que la mise en uvre de la
pluri-annualisation budgétaire, destinée à réduire les écarts de coûts entre
organismes, et à éventuellement dégager de lintéressement. Malgré un début
prometteur, et un effort louable de transparence dans léquité en matière
lallocation budgétaire, les écarts ont si peu diminué quon a fini
récemment par ne même plus oser afficher le hit parade des coûts. Par contre,
lintéressement a enfin pu voir le jour, notamment grâce aux réformes de structure
de lUCANSS. Enfin, Jean-François Chadelat a sorti le SNV 2 de lornière dans
des conditions difficiles : il avait du, dès son arrivée, assumer le licenciement
dun responsable informatique national, puis prendre le risque détendre
lexpérience de lURSSAF de Moulins qui nen finissait pas de
sexpérimenter, le tout dans un contexte un peu conflictuel à lépoque avec
lURSSAF de Toulouse dirigée par Maurice Bancarel. Pour couronner le tout, une
enquête IGAS plus ou moins amène et quelques commentaires du Canard enchaîné avaient
contribué à une ambiance un peu tendue, dont quelques tribunes dÉlan Social
sétaient fait lécho. Nommé à lACOSS le 8 août 1987, Jean-François Chadelat
avait présenté au Conseil dAdministration dès le mois de mars 1988, un grand plan
informatique de la branche recouvrement.
Aujourdhui, Jean-François. Chadelat est directeur du Fonds CMU, poste
auquel il succède à Philippe Georges, Conseiller spécial du Ministre (et depuis nommé
Directeur de la CNAF). Il a été à nouveau sollicité par le gouvernement pour rédiger
un document sur la répartition des interventions, en matière de dépenses de santé,
entre les organismes obligatoires et les organismes complémentaires. Ce rapport, publié
à la fin du premier trimestre 2003, en même temps que ceux de Rolande Ruellan et Alain
Coulomb, a fait couler beaucoup dencre, et surtout dérangé beaucoup les organismes
complémentaires, au premier rang desquels ceux du CTIP, qui voient avec inquiétude la
rente de situation des déductibilités fiscales et sociales des contrats collectifs
obligatoires remis en question. Certes, cest une rente de situation qui na
aucune justification sociale au contraire (alors que le CTIP est géré par les
partenaires sociaux, parmi lesquels nos " syndicats de progrès "). En
même temps, mettre en péril une Institution parce quon change la règle du jeu sur
laquelle elle a largement fondé son fonds ce commerce, cest osé.
Élan Social sa donc interrogé Jean-François Chadelat pour tenter
den savoir un peu plus.
Élan Social :
Comment sest passé votre prise de fonction à la
direction du fonds CMU ? Comment fonctionne cette Institution aujourdhui ?
Jean-François Chadelat :
Jai succédé à Philippe Georges,
après 9 mois dintérim, qui ont été assurés par Bruno Négroni, directeur
adjoint, qui est dailleurs un ancien élève du CNESSS . Le fonds CMU est en effet
le seul pour lequel les textes prévoient explicitement quen labsence de
directeur, le Directeur adjoint assure lintérim. Philippe Georges a crée de toute
pièce le fonds CMU : il sest chargé de laménagement des locaux et du
recrutement des agents. Cest lui qui a instauré la possibilité de recruter des
agents sous convention collective de la sécurité sociale plutôt que des fonctionnaires
uniquement. Succéder à Philippe Georges cest sans problème.
Sagissant des missions, le ministre vient de confier au fonds CMU
la rédaction du deuxième rapport de lévaluation de la loi CMU. Tous les deux ans
un rapport dévaluation du dispositif doit être établi, la rédaction du premier
rapport avait été réalisée par lIGAS. Le bilan sera sans doute positif, la CMU a
dépassé ses problèmes de jeunesse, le fonds était en régime de croisière dès
juillet 2002. La CNAMTS et les CPAM ont tout fait pour que tout se passe bien.
Aujourdhui la quasi-totalité des problèmes est résolue. Restent les problèmes de
transmission des CERFA, il faudra en venir au CERFA électronique.
Sur le plan financier la loi prévoit que le fonds CMU est équilibré
par une subvention déquilibre de l Etat. Les recettes du fonds sont de deux
ordres : la taxe sur le chiffre daffaire santé de tous les organismes
complémentaires : 1,75 % qui représente 20% des recettes. La subvention
déquilibre de lEtat représente donc 80% des recettes. Le nombre des
bénéficiaires reste stable : un peu plus de 4 millions dont la moitié sont des
Rmistes. Il ny a pas de grande variation constatée malgré la crise économique
actuelle qui aurait pu produire une inflation de bénéficiaires. Le fonds CMU est doté
dun Conseil dadministration composé de fonctionnaires. Il dispose également
dun conseil de surveillance. Odette Grzegrzulka, la première présidente de ce
conseil, député, lui a fait prendre toute sa dimension. Une partie des débats récents
du conseil de surveillance ont notamment porté sur laide à la mutualisation, même
si cette aide nest pas dans nos missions, le conseil de surveillance a pris acte du
fait que cela na pas vraiment fonctionné. Mais on ne sait pas résoudre ce
problème en ce moment. Lactuel président du conseil de surveillance est Jean Marie
Rolland, député UMP, qui est par ailleurs un professionnel de santé.
Élan Social :
Que pouvez vous nous dire aujourdhui du rapport que
vous avez remis à Monsieur le Ministre ?
Jean-François Chadelat :
Une des propositions de ce rapport concerne un
avantage " fiscalo-social " qui est en fait une mesure très ancienne,
remontant aux années cinquante, et qui permet de bénéficier davantages en
matière dimpôts et de charges sociales, jusquà 6000 Euros de franchise, en
souscrivant à un contrat collectif obligatoire. Il ne sagit pas dune
exonération de cotisations mais bien dune exclusion de lassiette. Ce
dispositif concerne les contrats collectifs obligatoires, donc les institutions de
prévoyance dune part et les compagnies dassurance pour moitié. La perte pour
le budget de lEtat et celui de la Sécurité sociale est énorme : environ 2,8
Milliards dEuros de recette en moins pour lEtat et la Sécurité Sociale. Si
lon peut se poser légitimement la question de laide à la souscription
dune assurance complémentaire, cela doit-il se faire à nimporte quel
prix ? Cette situation a une explication historique : en 1945, quand on a mis en
place la sécurité sociale, donc au lendemain de la guerre, on a donc créé une
sécurité sociale offrant des prestations plutôt modestes. Très rapidement, les cadres
en particulier, ont poussé pour compléter les prestations en espèces, très réduites,
de la sécurité sociale.
Élan Social :
Cette situation a été rendue possible parce que les
prestations de sécurité sociale étaient modestes, mais elles létaient parce que
les cotisations étaient alors toutes plafonnées.
Jean-François Chadelat :
LAGIRC a été fondée à ce moment
là. La déductibilité des cotisations de prestations en espèce, retraite et prévoyance
lourde, a été introduite, et ce à un niveau très élevé. A lépoque on ne se
posait pas vraiment la question de la santé. Au départ la barre était haute pour
permettre à des prestations en espèces comme les indemnités journalières,
linvalidité,
davoir un niveau très élevé. Le mot prévoyance
recouvre deux notions : prestations en espèces et prestations en nature. En mettant
les deux dans la même enveloppe, cela a permis davoir, en franchise, des
prestations qui nont pas à être aidées par la collectivité nationale. Puisque
cest déductible, plus la personne gagne et plus elle souscrit à un contrat
élevé, plus elle a un avantage fiscal, puisque limpôt est progressif.
Élan Social :
Si cétait à refaire aujourdhui,
rédigeriez-vous le même rapport ?
Jean-François Chadelat :
Si cétait à refaire, je le referais
à lidentique, mais en essayant de déclencher un peu moins dhostilité dans
les réactions à mon égard. Encore que, finalement, je lécrirais peut-être comme
il est écrit, car ceux qui ont décidé de formuler des critiques agressives
lavaient de toute façon décidé avant même que je prenne mon stylo. Jai
été accusé de vouloir privatiser la sécurité sociale, ce qui, évidemment, est
absurde. A aucun moment dans ce rapport on ne peut men faire le procès.
Premièrement jai fait des constats factuels, deuxièmement
jai proposé un certain nombre de mesures. Tous ces éléments sont les pièces
dun puzzle. Chaque pièce du puzzle, personne ne la conteste, cest
lassemblage qui a posé problème. Le plus lucide à légard de mon rapport a
été Gilles Johanet qui a dit " ceux qui accusent Chadelat de privatiser la
Sécurité Sociale feraient bien de lire son rapport : au lieu de privatiser la
sécurité sociale, il propose de nationaliser les complémentaires ! "
Le problème était simple au départ. La CGT aurait même été
tentée de tout inclure dans la sécurité sociale obligatoire. Mais, si on met tout dans
la Sécurité sociale, on en arrive à supprimer les complémentaires, ce que finalement
personne n'a souhaité. A partir du moment où il y a deux acteurs et que lon veut
les conserver tous les deux, il y avait un choix à faire au départ. Si les dépenses de
santé et le problème de laccès aux soins répondent à une mission de service
public, il est normal de demander aux complémentaires de remplir un cahier des charges,
et c'est la première fois qu'on leur demanderait.
Élan Social :
Mais pourquoi ne pas avoir au moins envisagé la première
hypothèse ? Cette cohabitation de deux institutions qui se partagent un
remboursement obligatoire est unique dans le monde, elle est absurde, génère de la
complexité et de lexclusion sociale, sans parler des professionnels de santé qui
en profitent. Cétait loccasion ou jamais de mettre toutes les cartes sur la
table. Pourquoi ne pas avoir, à cette occasion, posé le préalable de la légitimité du
territoire de chacun?
Jean-François Chadelat :
Si on devait construire quelque chose ex
nihilo, on ne le construirai sûrement pas comme cela. Mais les complémentaires existent,
donc il faut leur donner un rôle clair.
Élan Social :
Les cotisations des assurances complémentaires ne sont pas
les mêmes pour tous, selon qu'elles sont individuelles ou de groupe, selon la
participation des employeur. Vous proposez une mutuelle complémentaire de base, qui
serait obligatoire. De plus, les contrats étant liés, la sélection du risque peut
s'effectuer de facto à travers les prestations complémentaires. Comment peut-on financer
une assurance complémentaire avec un prélèvement obligatoire ?
Jean-François Chadelat :
Cette complémentaire de base n'est pas
obligatoire, chacun est libre de la souscrire, mais personne ne doit y renoncer faute de
moyens pour l'acquérir. Aussi, le souscripteur peut recevoir une aide à la souscription.
Pour l'assurance complémentaire de base, je ne suis peut être pas allé suffisamment
loin dans le détail parce que je nai pas complètement défini le cahier des
charges. Il faut aller plus loin dans le détail, dans les garanties. L'Assurance maladie
complémentaire de base, c'est une véritable concession de service public qui est donnée
aux mutuelles.
Élan Social :
Les propositions du rapport sont-elles celles du
groupe ?
Jean-François Chadelat :
Les propositions de ce rapport sont les
miennes. Mais sur chaque point du rapport jai écouté et entendu ce que lon
avait à me dire, tant les membres du groupe que les 80 personnes ou organismes que j'ai
auditionnés.
Élan Social :
Quelle était lambiance du groupe de travail ?
Jean-François Chadelat :
Elle était plutôt bonne, sauf à la
dernière réunion ! Beaucoup de monde semblait attendre que je propose une forme de
privatisation pour sortir les armes, mais comme cela na pas été le cas, il y a eu
comme un sentiment de frustration ! Certains syndicats, comme Force ouvrière, m'ont
donné le sentiment d'avoir condamné le rapport davance. A titre personnel, je
regrette que la CGT nai pas été jusquau bout de sa logique !
Élan Social :
Le copaiement joint au tiers payant complique de façon
ubuesque les remboursements, provoquant des dysfonctionnement et des incompréhensions
dans lesquels les caisses se débattent. Tout le monde sait que la procédure Noémie
permettrait aux CPAM de prendre en charge le paiement des parts complémentaires. Ne
fallait-il pas aborder ces problèmes de co-liquidation, plutôt que de continuer de les
gérer sur un mode de plus en plus absurde?
Jean-François Chadelat :
C'est une possibilité qui a le mérite de la
logique mais il y a deux acteurs, la sécurité sociale et les organismes
complémentaires, ils existent, il faut en prendre acte. Les mutuelles ne gèrent aucun
risque parce quelles ne sont pas en situation de pouvoir le faire. Mais dans
létat actuel des choses, il y a deux pilotes. Dans certains domaines, les mutuelles
pourraient être pilote principal, parce que cela présente un intérêt : le secteur
dentaire par exemple. La Sécurité sociale ne peut pas faire du conventionnement
sélectif mais par contre les complémentaires peuvent le faire, dailleurs dans la
pratique elles le font, même si tout le monde se voile la face.
Élan Social :
Les mutuelles participent déjà à la régulation en siégeant
dans les Conseils d'administration des CPAM, et même en présidant des URCAM. La
co-régulation est-elle possible, ou ne fera-t-elle que compliquer les choses, comme le
fait déjà le co-paiement? Le partenariat obligé avec les SLM ne donne pas des
résultats de régulation très encourageant, d'autant que la nécessité concurrentielle
n'incite pas toujours au contrôle. Faut-il un pilote de plus dans l'avion?
Jean-François Chadelat :
Aujourdhui, il ny a pas de
régulation, que ce soit par les CPAM ou par les mutuelles. Si la régulation peut être
obtenue, elle ne le sera que par une action coordonnée des deux acteurs.
Élan Social :Le but de la manuvre n'est-il pas de trouver des
financements qui n'affectent pas les prélèvements obligatoires?
Jean-François Chadelat :
Les cotisations payées aux assurances
complémentaires ne sont pas incluses dans les prélèvements obligatoires. Cest ce
que jappelle un prélèvement " para obligatoire ".
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NOEMIE, chère NOEMIE
Les CPAM connaissent trois Noémies, qui permettent de dématérialiser
les flux avec les complémentaires. En résumé, Noémie 1 transmet les flux, Noémie 2
notifie la part complémentaire aux assurés, Noémie 3 transmet, notifie, et paye. De
facto, cette procédure rend le travail de liquidation des complémentaires purement
virtuel, et pourrait libérer leurs effectifs à d'autres tâches. Mais les mutuelles ont
toujours refusé Noémie 3 au motif qu'elles disparaissent alors du film au yeux de leur
public. (C'était d'ailleurs le cas pour les CPAM qui avaient pris l'attitude de
renoncement de laisser l'apparence du remboursement tiers payant aux mutuelles, en
remboursant ces dernières, ce qui est le monde à l'envers).
Quand vint la CMU (et le médecin référent), les assureurs
complémentaires ont repoussé avec horreur cette Noémie 3 si entreprenante. On a donc
"inventé" les Procédures dites "A" et "B". "A",
c'est du Noémie 3 qui n'ose pas dire son nom pour sauver les apparences, et "B"
complique l'histoire en faisant transiter le remboursement complémentaire sur un compte
bancaire, avec rétention du remboursement obligatoire dans l'attente de son arrivée : de
la dentelle bureaucratique! Dans les faits, bien évidemment, la quasi-totalité des
mutuelles se contentent aujourd'hui de la procédure "A", c'est à dire de
Noémie 3.
De Kafka à Ubu
Quand on a fait une bêtise, on a deux solutions : y renoncer, et
repartir sur de bonnes bases, ou essayer d'en corriger les effets avec des mesures qui
corrigent les dits effets, mais enfoncent encore un peu plus le scénario dans son
absurdité initiale. C'est le cas de la complémentarité, et le rapport Chadelat n'a pu
que tenter de corriger tant bien que mal cette organisation surréaliste.
Première absurdité de l'histoire : on invente un ticket soi-disant
"modérateur", qui devient la rente de situation des complémentaires,
allégeant ainsi soi-disant la charge de remboursement de l'Assurance maladie (comme si
les cotisations mutuelles n'étaient pas des prélèvements quasi-obligatoires).
Conséquence immédiate, tous les assurés qui n'ont pas toutes les chances (emploi
assuré, IJ subrogé, 35 heures et mutuelle d'entreprise) encombrent les urgences des
hôpitaux avec les conséquences que l'on sait. Donc, contrairement à ces terres de
perdition que sont par exemple l'Angleterre, l'Espagne, l'Italie ou les pays Scandinaves,
qui offrent à tous leurs habitants une médecine gratuite pour tous, le prétendu
meilleur système de protection sociale du monde n'impose un ticket
"modérateur" qu'aux plus défavorisés.
Au lieu de corriger la situation en permettant à l'Assurance maladie
de rembourser à 100% les soins de première nécessité, deuxième absurdité, on invente
la "CMU complémentaire", éventuellement gérée par des assureurs privés à but lucratif.
L'inévitable effet de seuil entraîne une troisième absurdité
correctrice, dite "aide à la mutualisation", qui prend des sous dans les
budgets sociaux des caisses, pour que les pauvres aillent s'assurer dans un organisme
complémentaire (obligatoirement, car les CPAM n'ont pas le droit de le faire), sachant
qu'on ne leur paye qu'une partie de la cotisation, ce qui évidemment, exclu la grande
majorité de ces "Sur-Cmutistes".
Le rapport Chadelat arrive là dessus, et, dans l'impossibilité qui
est la sienne de revenir en arrière, ne peut que constater les dégâts, et les limiter
un peu dans leurs effets pervers, en proposant - quatrième absurdité correctrice - une
ACMB, Assurance complémentaire maladie de base, c'est à dire une complémentaire
obligatoire. La proposition de Jean-François Chadelat a le mérite d'être cohérente
avec la situation qui est la notre aujourd'hui. Mais la situation en question à le tord,
quant à elle, d'être Ubuesque, et, ce qui est plus grave, de moins en moins solidaire. |