SNCF : Un régime spécial dentreprise
Le régime spécial de protection sociale de la SNCF est mal connu. Cest un régime ancien qui date, pour certains de ces aspects, de la période des compagnies privées de chemins de fer ou de lépoque de leur nationalisation. Cest aussi un régime qui sest restructuré, pour renforcer ses performances, en fusionnant la gestion administrative de ces deux grandes branches : la Caisse de prévoyance en assurance maladie et la Caisse de retraite. Il vient aussi de se réorganiser en interne pour améliorer le service rendu à ses affiliés. Objectif : réussir à concilier gestion centralisée et service de proximité.
Sur 30 ans de carrière à la SNCF, Jean Charmois, Centralien et membre de lInstitut des Actuaires français, comptabilise 25 ans au service de la protection sociale. Successivement responsable de linformatique, de lassurance maladie, des services financiers, des services médicaux et de la protection sociale, il dirige depuis 3 ans la caisse nationale avec pour objectif de promouvoir la gestion du risque.
Interview de Jean Charmois
Propos recueillis par E. Godard
Élan Social :
Les salariés de la SNCF ont un régime spécial de protection sociale. Mais pour mieux le comprendre, pourriez-vous nous présenter rapidement la SNCF, que nous utilisons tous un jour ou lautre, mais que nous connaissons mal ?
Jean Charmois :
Pour être précis, la SNCF est un établissement public industriel et commercial. Pour être plus concret et pour comprendre les enjeux de la SNCF, il faut avoir en tête les évolutions politiques et économiques actuelles.
La première est liée à une directive européenne : il sagit douvrir à la concurrence le transport ferroviaire. Cela a entraîné une modification de son statut en 1997 et une séparation entre le réseau proprement dit et le transport. Le réseau appartient maintenant au Réseau Ferré de France : toute linfrastructure, les rails et la signalisation ; il y a eu transfert de patrimoine. Le transport relève toujours de la SNCF qui soccupe pour cela des gares, des bâtiments et du matériel roulant. Pour son activité proprement dite, la SNCF paie un péage au Réseau Ferré de France pour lutilisation des voies ferrées ; elle est devenue un opérateur ferroviaire au même titre quun autre. Les patrimoines et les responsabilités ont donc été séparés entre le RFF et la SNCF : au premier le réseau et la gestion de la circulation sur ce réseau ; à la seconde le transport ; mais celle-ci assure encore la gestion de linfrastructure pour le compte du RFF.
La gestion se fait par activité et elle est scindée en cinq grands pôles, avec des comptes de résultats séparés : les grandes lignes, les transports régionaux, le fret, les infrastructures pour le compte du RFF, le matériel.
Élan Social :
Quels sont les enjeux actuels auxquels est confrontée lentreprise SNCF ?
Jean Charmois :
Le 15 mars 2003, le fret international est ouvert à la concurrence et tout opérateur international peut utiliser le réseau mis à sa disposition par le Réseau Ferré de France.
La SNCF est donc concernée par une double concurrence. Une concurrence traditionnelle entre les différents modes de transports : la route, lavion, le transport fluvial. Une deuxième concurrence " intra-modale ", qui commence par le fret international.
La deuxième évolution concerne un des pôles de ses activités, le transport régional : les TER, le Transilien. La région définit des choix politiques en matière de transport et procède à des arbitrages entre le transport par fer et par autocar. La SNCF est concernée par ces choix et elle est un prestataire lié par une convention de gestion des transports régionaux et locaux. La SNCF est donc un acteur au service de la politique régionale avec des contraintes liées à cette politique.
Enfin, une évolution plus générale de la société tend à privilégier le respect de lenvironnement. On souhaite donc le développement du transport ferroviaire.
Ainsi, et en même temps, une ouverture à la concurrence avec un effet direct sur les prix et donc les recettes de la SNCF, la participation aux différentes politiques régionales, une mission par rapport à lenvironnement. Ces différents objectifs qui se cumulent obligent le groupe à des restructurations importantes, à renforcer sa cohérence dans son fonctionnement, à se recentrer sur le transport qui est sa vocation première.
Élan Social :
Nous voyons mieux les enjeux actuels du groupe. Dans ce cadre général, quelle est la protection sociale des salariés de la SNCF ? Quelles sont ses particularités ? Ses avantages ?
Jean Charmois :
La protection sociale de lentreprise est ancienne et sest construite au fil des années. Les Compagnies privées, dont est issue la société nationale, ont mis en place des dispositifs de protection sociale : une couverture maladie, une caisse de prévoyance, une caisse de retraite, un service médical avec des médecins rattachés à lentreprise. Tout cet ensemble a dailleurs servi, disons de référence, lors de la mise en place des lois sur les assurances sociales des années 1930 et 1946 qui ont constitué les bases du régime général.
Mais cette histoire a été longue et il existait des différences importantes entre les compagnies privées. Les nationalisations en 1939 et en 1946 ont entraîné une cristallisation du régime tel quil est aujourdhui.
Les salariés ont un statut qui les assimilent aux fonctionnaires, statut validé par lEtat, statut issu dune concertation entre lui, lemployeur SNCF, les organisations syndicales.
Élan Social :
Dune manière plus précise, quelles sont les différentes branches de cette protection sociale ?
J. Charmois : Parlons dabord de la maladie. Pour ses agents en activité, la SNCF a un service médical avec 200 médecins salariés de lentreprise. Cest à la fois une médecine de soins et une médecine du travail : cest le même service. Avec des généralistes, des spécialistes, des laboratoires, des centres de radiologie. Par ailleurs, la SNCF fait appel à des médecins libéraux qui sont agréés : environ 1600. Les soins dispensés dans ces installations sont gratuits pour tous les agents.
Par ailleurs, il existe une Caisse de prévoyance, qui a dailleurs fusionné, en 1976, pour la gestion administrative, avec la Caisse de retraite. Elle assure le paiement des prestations pour les retraités et pour les ayants droit des actifs et des retraités. Pour les actifs, elle assure, en particulier, des prestations qui ne sont pas prises en charge par les services médicaux dont nous avons parlé.
Pour les arrêts de travail, lemployeur SNCF maintient le salaire pendant 6 mois, ensuite à un niveau de 50 % pendant encore 6 mois. En cas de longue maladie, le salaire est maintenu en totalité pendant trois ans et à 50 % pendant deux ans.
Les services médicaux au sens large sont financés intégralement par lemployeur. Il est en de même pour les prestations en espèces. En revanche, pour les prestations versées par la Caisse de prévoyance, elles sont financées par des cotisations salariales et patronales, tant pour les actifs que pour les retraités.
Léquilibre de cette partie de la protection sociale - lassurance maladie - est assuré par une compensation bilatérale avec la CNAM. On calcule cette compensation en replaçant la population dans le cadre du régime général. On calcule alors la cotisation due au régime général et les prestations versées aux bénéficiaires par type de prestations. Le solde est versé par la CNAM à la SNCF. Ce solde se situe dans le cadre de la compensation démographique.
Élan Social :
Avant de parler des retraites, quelques mots sur les prestations familiales ?
Jean Charmois :
Les prestations familiales sont versées pour le compte du régime général. Il nexiste pas de caisse de prestations familiales. Les prestations sont versées avec le salaire par les Ressources humaines. Ce sont les règles du droit commun qui sont appliquées. La comptabilisation se fait au sein de la CNAF. Comme les prestations sont inférieures aux cotisations émises, une cotisation est versée à la CNAF par la SNCF.
Élan Social :
Et le chômage ?
Jean Charmois :
Cest un cas limite. Cela concerne essentiellement le personnel contractuel. Le risque est assuré par lentreprise et elle applique le code du travail. Les allocations chômage sont calculées selon les règles de lUNEDIC.
Élan Social :
Venons-en aux retraites.
Jean Charmois :
Le régime est ancien. Il date des lois de 1909 et de 1911. Il résulte dune unification des régimes de retraite des compagnies ferroviaires, qui a abouti à un régime identique dans les différentes compagnies.
Le régime de retraite a été homologué par le ministre des transports. LEtat est en fait le garant et le gérant du régime de retraite. Cest un point fondamental pour notre régime, sur lequel il faut insister fortement.
Le régime a une autonomie financière au sein de la SNCF. Il a un bilan, un compte dexploitation, un patrimoine, des placements, un fonds de réserve.
Élan Social :
Un fonds de réserve ? Est-ce un régime par capitalisation ou par répartition ?
Jean Charmois :
Jusquen 1934, cétait un régime par capitalisation. Ensuite, les fonds ont été figés et cristallisés à ce niveau-là au moment de la nationalisation en 1939. Les sommes en jeu dans ce fonds de réserve nont plus aucune commune mesure avec le niveau actuel des retraites. Les retraites versées sont de lordre de 30 milliards de F, pour parler en francs ; les fonds gelés, au niveau de 1934, sélèvent à 300 millions de francs. Placés, ils représentent une infime partie des besoins actuels. Le régime est financé actuellement par des cotisations salariales et patronales, dans le cadre dun système par répartition.
Élan Social :
Quels sont les grands problèmes financiers du régime de retraite ?
Les problèmes rencontrés actuellement sont issus de la période de restructuration qui a suivi la seconde guerre mondiale. A cette époque, un immense effort de modernisation et de reconstruction a été entrepris pour développer et remettre en état le réseau ferroviaire national. La SNCF a compté jusquà 500.000 salariés, dont une grande partie bénéficie maintenant dune retraite.
Pour être précis, leffectif des agents affiliés sélevait à la fin 2001 à 179 341 et celui des pensionnés à 320 846.
Le mode de financement tient compte des déséquilibres démographiques dus aux événements que jai évoqués. Le régime des retraites de la SNCF est confronté à un déséquilibre démographique fondamental dû aux missions qui lui ont été confiées par lEtat dans le passé.
Si on analyse le système actuel, le déséquilibre démographique est en fait à la charge de lEtat. Il nest pas à la charge des autres régimes de protection sociale. En effet, pour les calculs de compensation, il est pris en compte une population normalisée différente de la population réelle gérée. La SNCF verse des cotisations normalisées, comme une entreprise de droit commun. Et lEtat intervient, dans le cadre de sa responsabilité, par une contribution déquilibre. Cependant, depuis 1990, tous les nouveaux avantages propres au régime SNCF, par rapport au régime normalisé, sont à la charge de lentreprise et de ses salariés.
Par ce mécanisme, lEtat finance de fait les autres régimes de protection sociale indirectement pour un montant de lordre de 15 milliards de francs. Il les verse à la place des autres institutions. Cest un enjeu entre cotisations sociales et impôts. Ce ne sont pas les mêmes règles de financement, donc ce ne sont pas les mêmes impacts sociaux et économiques.
Élan Social :
Les règles applicables, en particulier, lâge de la retraite, sont différentes des autres régimes de salariés des entreprises du privé ? Quelles sont les règles concrètes pour les salariés de la SNCF et pourquoi le maintien de ces différences ?
Jean Charmois :
Le règlement des retraites est unique. Les grandes caractéristiques du régime sont celles de 1909 et sont analogues à celles du code des pensions civiles et militaires. En fait, il ny a pas eu de modifications fondamentales depuis 1939.
Dune manière concrète, le départ à la retraite se fait à 55 ans. Il se fait à 50 ans pour les agents de conduite. Le niveau de pension est sans abattement pour au moins 25 ans dactivité au sein de la SNCF.
Le principe de calcul est le suivant : 2 % par année validée du salaire de référence imposable, cest-à-dire le dernier salaire sur 6 mois continus. Prenons un exemple. Pour une carrière de 20 à 55 ans, cela fait 2 % par 35 ans, soit 70 % des 88 % du salaire retenu : environ 60 % du salaire dactivité. Cest un montant faible. Cela recentre le débat sur lâge de la retraite et dun alignement avec les autres régimes.
Des dispositions complémentaires existent : par exemple, la garantie dun minimum de pension, proratisé si la durée dactivité est inférieure à 25 ans ; une majoration pour enfants.
Élan Social :
Dans les débats actuels, comment se situe la SNCF ?
Jean Charmois :
La SNCF na pas vocation à engager le débat. Le règlement de retraite est fixé par lEtat.
Élan Social :
Quant à lentreprise située à Marseille ?
Jean Charmois :
Les Caisses de prévoyance et de retraite sont dotées de lautonomie financière, mais leur budget et leurs comptes sont intégrés dans le budget et les comptes du Groupe SNCF.
Les Caisses de prévoyance et de retraite sont gérées au sein dun même ensemble administratif " Caisses de prévoyance et de retraite ", qui développe sa mission de service à ses usagers conformément à son Projet détablissement, qui sinscrit lui-même dans le cadre des axes du Projet industriel de lentreprise SNCF. Dailleurs, cet ensemble est rattaché à la Direction des Ressources Humaines de la SNCF.
La localisation de lensemble à Marseille sest effectuée dans le cadre dun plan de la DATAR. Le site de Marseille a été choisi en raison des possibilités demploi à la suite dune réorganisation de la SNCF. Lensemble administratif national essaie dallier les avantages dune gestion centralisée et dune proximité par des antennes locales.
Ainsi, pour la partie Prévoyance, une nouvelle organisation de nos services a été mise en place et structurée en cinq Espaces de prévoyance régionaux. Chaque salarié ou chaque professionnel de santé a maintenant un seul accès à la Caisse de prévoyance. En outre, nous avons mis laccent sur la proximité avec la création de 4 points daccueil, compléments de nos 14 antennes régionales.
Pour la partie Retraite, une réorganisation identique a été effectuée en même temps : création dEspaces retraite sur la base des mêmes critères régionaux.
Lensemble coûte peu. Le ratio de gestion frais de gestion/prestations versées est un des plus faibles de la sécurité sociale. Pour la maladie par exemple, les frais de gestion ne représentent que 2,53 % des prestations versées en 2001.
La gestion est assurée par un Conseil qui a une composition paritaire : représentants de la SNCF et représentants des affiliés.
En définitive, il y a un lien très fort entre lentreprise et la protection sociale de ses salariés. Ces liens ont une origine historique, nous lavons vu.
Lentreprise SNCF, comme toutes les entreprises soumises à la concurrence, est soumise à de fortes contraintes qui saccentuent de plus en plus. Comme par le passé, quand il sagissait de participer à la reconstruction du pays, elle est confrontée à des enjeux nationaux liés à lenvironnement ou aux politiques de transports régionaux. Cest dans ce cadre général que se situe sa protection sociale et que celle-ci doit être examinée.
Reportage : Emmanuel Godard, Françoise Mourgues, Nathalie Nowara
Reportage à la CPR de la SNCF
Visite de la division technique, service courrier et service éditique / expédition
Les premiers services visités par Élan Social lors de notre reportage à la Caisse de Prévoyance et de Retraite de la SNCF appartiennent à la division technique qui gère, pour lensemble de la Caisse, tous les moyens communs, de linformatique aux services généraux.
En premier lieu, incursion au service courrier, où vingt deux personnes (dont un cadre et trois agents de maîtrise) réceptionnent, trient et redistribuent de 15 à 18 000 plis par jour en provenance de toute la France. Ce flux entrant reste élevé, malgré la sensible diminution induite par la généralisation des feuilles de soins électroniques. A priori, rien ne ressemble plus à un centre de tri quun autre centre de tri
On y voit des enveloppes, beaucoup denveloppes, des caissettes de la Poste et des casiers où des agents répartissent les plis. Pourtant, ces services peuvent présenter bien des singularités représentatives des spécificités de leur entreprise.
Première découverte, les enveloppes qui arrivent à la CPR de Marseille ne proviennent que pour moitié de la Poste. Lautre moitié est acheminée sur place par le propre circuit postal de la SNCF. En effet, chaque affilié, quil soit actif ou retraité, peut éviter les frais postaux en déposant dans nimporte quelle gare son courrier pour la CPR. Le réseau cheminot est également utilisé pour les envois entre la Caisse de Marseille et les antennes décentralisées. Ce courrier est alors acheminé sur le centre de tri interne le plus proche qui lexpédie immédiatement à Marseille. Mais lavantage de ce système nest pas quéconomique. Il permet en effet de dédoubler le flux quotidien en deux livraisons principales : une, dès 7H30, en provenance de la Poste et une autre, en début daprès-midi, en provenance de la gare Saint Charles toute proche, lissant la charge de travail sur toute la journée.
Autre particularité de cette gestion " cheminote " du courrier, lutilisation denveloppes pré-identifiées, les CP 104, qui permettent une automatisation du tri " sur le contenant ". Pour la moitié des plis réceptionnés, il est donc inutile douvrir les enveloppes pour déterminer le contenu, les cases didentification du verso, remplies par lexpéditeur, sont lues par la machine qui effectuent une lecture automatisée. Et quelle machine ! On pense immédiatement à une grosse loco qui digérerait 10 300 enveloppes à lheure comme combustible. Cest en effet la cadence théorique de la machinerie conçue il y a maintenant plus de 20 ans, spécialement pour la SNCF par une société française, qui, sous la vigilance attentive de deux " conducteurs " de machine, redresse, tri et ouvre les fameuses CP 104. Les affiliés se procurent ces enveloppes dans les gares ou leurs associations de cheminots, mais ils peuvent également sen faire expédier par la CPR à raison de dix à quinze enveloppes par envoi.
Quant aux autres courriers, ils sont identifiés manuellement sur le contenu par des tris successifs, permettant de séparer ceux relevant de la division Prévoyance ou de la division Retraite, didentifier leur origine selon les cinq régions organisationnelles et de les dispatcher au sein des services concernés. Le tout devant être fait dans la journée de réception pour une mise à disposition, dans les services, à J+1.
Le service courrier est également chargé de lexpédition des courriers manuscrits des services ou des AR, mais lessentiel du flux de courrier sortant relève lui du service déditique et dexpédition.
Autre service, autre ambiance. Ici, la technologie utilisée est des plus modernes. La capacité des machines est dimensionnée pour traiter là aussi des gros volumes, puisque, de cet atelier, sortent 10 millions de plis par an. Ainsi, limprimante principale travaille en continue par alimentation bobine avec une cadence de 190 pages à la minute. Mais cest surtout la nouvelle machine à mettre sous pli qui illustre la démarche qualité de la CPR en matière de courrier sortant. Premier objectif de cette machine, réduire les coûts daffranchissement en groupant, dans toute la mesure du possible, les envois (six feuillets maximum par enveloppe). Lenjeu est dimportance, lorsque lon sait que les coûts annuels daffranchissement sélèvent à 3,66 millions d (24 millions de francs), déduction faite de la réduction de 4,39% de la Poste. Pour lessentiel, il sagit des décomptes mensuels Maladie (4 départements sont traités par jour) et des décomptes trimestriels de Retraite. Trimestriel le versement des pensions ? Certes, mais trimestre payable davance
.. Petit avantage (ou spécificité ) du régime cheminot.
Lintégration de la gestion du flux papier à la démarche de qualité passe par lintelligence de la machine, qui doit, à terme, garantir les trois principes suivants :
- le principe dintégrité des plis : la généralisation de la lecture automatisée de code barre sur les annexes permet de garantir que les bons documents sont dans les bonnes enveloppes ;
- le principe dintégralité des plis : la mise en parallèle des volumes édités et expédiés permet de certifier que tous les plis ont bien été expédiés ;
- le principe dhistoricité qui permet de dater chaque traitement (édition et expédition) et de suivre, en ajoutant à chaque courrier envoyé nécessitant une réponse une enveloppe retour pré identifiée, toute la chaîne du courrier.
Dès lors, loptimisation de la gestion de léditique sinscrit pleinement dans la recherche dune meilleure qualité de service, un des axes prioritaires du projet détablissement de la CPR de Marseille.
Un ensemble fonctionnel unique à lorganisation régionalisée :
une structure issue dun projet détablissement
La protection sociale des cheminots et de leur famille contre les risques sociaux, au sens large du terme, revêt une double caractéristique : lensemble de ces risques est garanti par lentreprise SNCF elle-même ou par des services qui lui sont directement rattachés, mais plusieurs organismes concourent à la gestion et à la mise en uvre de cette couverture. Ainsi, les Caisses de prévoyance et de retraite (CPR) assurent la gestion des prestations des assurances maladie, vieillesse, invalidité, décès, accidents du travail et chômage. Les Caisses de prévoyance et de retraite sont à la fois un organisme de protection sociale et un service rattaché à la Direction des ressources humaines.
Cest en 1970 que le transfert de Paris à Marseille de la Caisse de prévoyance et du service des retraites a été décidé, à la demande des pouvoirs publics, dans le cadre de la politique de décentralisation des services administratifs parisiens. Progressivement un certain nombre de services communs se sont développés et cela a abouti, en 1976, à la création dune direction unique des deux Caisses. Aujourdhui, il existe toujours deux Caisses, mais un seul ensemble fonctionnel de 1 000 personnes, dont une centaine dans les antennes locales.
Les CPR ont voulu développé une réflexion sur leur positionnement à légard des attentes des bénéficiaires du régime spécial et de la SNCF, dans le but de mieux y répondre. La réflexion a débouché sur un projet détablissement, décliné en cinq grands axes :
- La définition dune nouvelle culture fondée sur la notion de service à laffilié, au pensionné, à lentreprise SNCF ;
- Une réorganisation des divisions de production sur un critère géographique afin de rapprocher le service des bénéficiaires ;
- Le développement de services de proximité par la création, en plus des antennes régionales, de points daccueil périodique ;
- La recherche dune meilleure qualité de service : une réduction des délais de traitement des dossiers, une amélioration de la qualité de laccueil, une meilleure prise en compte des situations individuelles difficiles ;
- Une maîtrise de lévolution des frais de gestion.
Depuis 2001, les deux divisions Prévoyance et Retraite sont organisées de la même façon, en cinq grandes régions : Ouest, est, sud-ouest, sud-est, nord-Ile de France. Tant à Marseille, que sur le terrain, lorganisation a la même base géographique.
Pour la division " Prévoyance ", cela représente un changement complet de culture et le passage dun fonctionnement orienté par les tâches de production à une organisation fondée sur les cinq régions. Chaque affilié a maintenant un interlocuteur unique ; il en est de même pour chaque professionnel de santé.
Pour la division " Retraite ", cest davantage une évolution naturelle en terme de structure, puisque la régionalisation existait de fait par la répartition de lensemble des affiliés en dix, puis en cinq grands secteurs, à partir du numéro matricule.
Dans les deux cas, la régionalisation, sous une forme unique, pour les deux caisses, pour les services au siège comme pour les antennes, est à lorigine dun changement profond en interne.
Pour un même affilié, chaque employé, chaque cadre, connaît parfaitement son correspondant dans lautre domaine dactivité. Cela facilite les relations. Mais cela pousse également aux relations, pour résoudre au mieux un problème posé par la situation dun affilié. La correspondance exacte, en terme géographique, entre lorganisation de la Caisse de prévoyance, de la Caisse de retraite, des antennes régionales facilite le développement dune vision globale de la protection sociale gérée pour un affilié.
Cela a entraîné la mise en place dune délégation de pouvoirs au niveau des responsables des divisions et des secteurs géographiques pour résoudre les cas difficiles, avec des moyens financiers affectés. Dans le même ordre desprit, des formations sont organisées sur tous les types de services, internes ou externes à la SNCF, susceptibles daider les cheminots en difficulté.
Ainsi, les CPR concilient maintenant deux types dorganisation qui sont parfois considérées comme opposées : un ensemble fonctionnel unique centralisé en un seul lieu à Marseille, mais " décentralisé " en cinq secteurs géographiques et doté dantennes locales de proximité.
En outre, les CPR sont des services à part entière de lentreprise SNCF ; mais, par la mise en uvre dun projet détablissement et les changements quil veut impulser, les salariés et les retraités de cette entreprise sont considérés aujourdhui, encore plus quavant, comme des " clients " affiliés assurés.
La régionalisation a rapproché le service des bénéficiaires (axe n° 2 du projet détablissement) en facilitant le développement dune nouvelle culture de service au profit des cheminots (axe n° 1).
Dans le prolongement de ces réalisations, le guichet unique que constituent déjà les CPR ne pourrait-il pas être étendu aux prestations familiales, qui sont actuellement gérées par les ressources humaines de la SNCF dans le cadre de la paie ?
Mais cela est une autre histoire, qui pourrait faire lobjet dun autre reportage.
| Le service médical SNCF : une spécificité indissociable du statut du cheminot
Dans le régime spécial de sécurité sociale de la SNCF, la qualité du service rendu au bénéficiaire est une valeur ancienne, faisant presque partie intégrante du statut du cheminot. Dès lors quoi de plus naturel que de mettre à la disposition des personnels, une structure médicale facile daccès, notamment pour les roulants, puisque historiquement situé dans les grandes gares du pays. Même si désormais la plus grande partie du personnel SNCF est composée dagents administratifs, cet avantage perdure.
Ce dispositif est entièrement géré et financé par la SNCF.
Ces centres médicaux disposent de cabinets de consultations et pour certains de laboratoires danalyse et de centres de rééducation fonctionnelle. Les salariés peuvent consulter aussi bien des médecins généralistes que des spécialistes. Par ailleurs si lagent ne peut pas se déplacer, il lui est envoyé, à domicile, un médecin agrée par la SNCF, ces soins étant bien sûr gratuits pour le salarié. Si après avoir consulté un spécialiste SNCF, lagent souhaite tout de même consulter un spécialiste de son choix, il peut librement le faire. La consultation lui sera remboursée à 100% du tarif homologué. Quant aux actes spécialisés non dispensés par le service médical SNCF, comme la gynécologie ou la chirurgie générale, ils sont remboursés à 100% en milieu médical libéral. Enfin, en dehors de ses heures de services, le cheminot peut consulter lensemble des médecins de son choix sans contrainte si ce nest celle dêtre redevable du ticket modérateur.
La mission de médecine du travail du service médical SNCF, complète ce dispositif de suivi quasi-global du salarié SNCF grâce aux examens légaux ( examen à lembauche ou après maladie et accident, etc). |