L'éditorial
La retraite et la dépendance vue du côte des vrais gens
Tout semble déjà écrit ou presque sur la question des retraites et celle de la dépendance. Dès lors, pourquoi leur consacrer le dossier de ce nouveau numéro ? Si vous pensez que ce choix n’est guère original, soyez pleinement rassuré, le « prêt à penser » est traditionnellement banni de la ligne éditoriale d’Elan social. Au contraire de bien d’autres publications, nous avons délaissé les grands débats de la politique de la vieillesse pour aller à la rencontre des acteurs de terrain ! de ceux qui en assument précisément la mise en œuvre au quotidien. Injustement ignorés par certains « beaux esprits » plus avides de discours idéologiques que de réformes pragmatiques, ils jouent pourtant un rôle essentiel dans l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées. Leurs témoignages bien loin de la langue de bois suffisent à eux seuls à refléter l’ampleur des défis à relever. Aux premiers rangs de la réforme des retraites et de la dépendance, des dirigeants de CRAM nous livrent des points de vue qui ne pourront qu’interpeller les lecteurs d’Elan social sur le positionnement à venir de la branche vieillesse. Alors que la loi d’août 2003 sur les retraites laisse augurer un développement de l’épargne retraite collective ou individuelle, la dévolution du risque dépendance aux conseils généraux amène aussi à s’interroger sur l’opportunité de l’action sociale des CRAM en faveur des personnes âgées. A l’évidence, sous l’angle de l’assurance vieillesse, quelques lézardes inquiétantes apparaissent désormais au fronton de la sécurité sociale. Or, soyons bien conscients du fait que de nouvelles lézardes pourraient rendre moins perceptibles pour nos concitoyens les belles lettres de l’idéal de la solidarité nationale qui y semblent gravées comme dans le marbre.
Gilles Huteau |