L'éditorial
Au-delà des mobilités traditionnelles
Sujet de préoccupation récurrent, la mobilité des agents de direction est indissociable du
discours sur la gestion de la ressource dirigeante à la Sécurité sociale. Chacun s’y trouve
inéluctablement confronté à un moment ou à un autre de sa carrière, d’autant que la
mobilité professionnelle est assortie d’une double dimension, à la fois géographique et
fonctionnelle. En tout état de cause, être mobile signifie presque toujours pour un ancienélève de l’EN3S le passage d’un poste de manager vers un autre dans le même organisme,
dans la même branche, dans le même régime, voire dans un autre régime. Il ne faut évidemment
pas voir là une situation anormale, au contraire, puisque les agents de direction de la
Sécurité sociale ont vocation à occuper des emplois de managers polyvalents. Pour autant,
l’évolution des missions des organismes, la réorganisation des réseaux ainsi que la nécessité de dynamiser encore les carrières des personnels de direction incitent à envisager en leur
faveur de nouvelles perspectives de mobilité interne, sans même parler de mobilité externe.
Il semble ainsi opportun d’ouvrir de manière plus significative qu’aujourd’hui l’accès des
agents de direction à des postes d’experts de haut niveau en vue de valoriser leurs expériences
et leurs savoirs à l’échelle d’une branche ou d’un régime. Une évolution dans ce sens
est d’ores et déjà amorcée avec l'apparition de nouvelles fonctions comme récemment,
celles de directeur ou d’agent comptable auditeur national dans la branche recouvrement,
ce qui n'est pas exclusif d’autres possibilités, en fonction des besoins des organismes de
Sécurité sociale et des capacités d’expertise de celles et ceux attirés par ces métiers. Bien
entendu, les opportunités de mobilité à envisager ne sauraient être comprises comme des
façons élégantes de « placardiser » des dirigeants devenus soudainement encombrants.
L’idée d’organiser des passerelles aller et retour entre les fonctions de management et les
fonctions d’expert se révèle d’ailleurs intéressante pour garantir le succès de la démarche
préconisée. Sans doute ne peut-elle concerner à terme qu’un pourcentage mineur d’agents
de direction, mais elle représente néanmoins pour eux une nouvelle occasion de challenge.
Ils seraient appelés faire reconnaître non plus seulement leurs qualités de manager, mais
aussi leurs capacités d’expertise. Le pari mérite désormais d’être tenté !
Gilles Huteau |