Numéro 66, 2ème trimestre 2006

La mobilité


La version électronique sera mise en ligne ultérieurement

L'éditorial

Au-delà des mobilités traditionnelles

Sujet de préoccupation récurrent, la mobilité des agents de direction est indissociable du discours sur la gestion de la ressource dirigeante à la Sécurité sociale. Chacun s’y trouve inéluctablement confronté à un moment ou à un autre de sa carrière, d’autant que la mobilité professionnelle est assortie d’une double dimension, à la fois géographique et fonctionnelle. En tout état de cause, être mobile signifie presque toujours pour un ancienélève de l’EN3S le passage d’un poste de manager vers un autre dans le même organisme, dans la même branche, dans le même régime, voire dans un autre régime. Il ne faut évidemment pas voir là une situation anormale, au contraire, puisque les agents de direction de la Sécurité sociale ont vocation à occuper des emplois de managers polyvalents. Pour autant, l’évolution des missions des organismes, la réorganisation des réseaux ainsi que la nécessité de dynamiser encore les carrières des personnels de direction incitent à envisager en leur faveur de nouvelles perspectives de mobilité interne, sans même parler de mobilité externe.
Il semble ainsi opportun d’ouvrir de manière plus significative qu’aujourd’hui l’accès des agents de direction à des postes d’experts de haut niveau en vue de valoriser leurs expériences et leurs savoirs à l’échelle d’une branche ou d’un régime. Une évolution dans ce sens est d’ores et déjà amorcée avec l'apparition de nouvelles fonctions comme récemment, celles de directeur ou d’agent comptable auditeur national dans la branche recouvrement, ce qui n'est pas exclusif d’autres possibilités, en fonction des besoins des organismes de Sécurité sociale et des capacités d’expertise de celles et ceux attirés par ces métiers. Bien entendu, les opportunités de mobilité à envisager ne sauraient être comprises comme des façons élégantes de « placardiser » des dirigeants devenus soudainement encombrants.
L’idée d’organiser des passerelles aller et retour entre les fonctions de management et les fonctions d’expert se révèle d’ailleurs intéressante pour garantir le succès de la démarche préconisée. Sans doute ne peut-elle concerner à terme qu’un pourcentage mineur d’agents de direction, mais elle représente néanmoins pour eux une nouvelle occasion de challenge. Ils seraient appelés faire reconnaître non plus seulement leurs qualités de manager, mais aussi leurs capacités d’expertise. Le pari mérite désormais d’être tenté !

Gilles Huteau



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