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Interview

Claude Bebear, Patron d'Axa

 

Rencontre avec Claude BEBEAR, au siège social d’AXA (Avenue de Matignon). Cette rencontre a été rendue possible grâce Dominique CHERASSE, directeur de l’URCAM de la région parisienne, qui a suffisamment d’entregent pour jouer les entremetteurs avec son amabilité coutumière un rien détachée.

Claude BEBEAR :

Au bénéfice de la solidarité

Interview et photos: G. ARCEGA

Claude BEBEAR est-il le croque-mitaine qu’on nous portraiture régulièrement, le couteau entre les dents prêt à lancer une OPA inamicale sur la Sécu? Même les photos de presse, publiées avec un choix étudié, montrent le plus souvent une sorte de Docteur Jekyll qui démentirait les propos lénifiants de Mister Hyde.

Interview pour aller au fond des choses: comment marier la supposée efficacité de la gestion privée, au concept de solidarité, qui se conjugue dans l’éthique sociale, sur trois temps?

On a tenté d’acculer le personnage dans les présumées arrières pensées mercantiles qu’il se doit de fomenter, dans l’imaginaire des gestionnaires de caisses de sécu.

Peine perdue, nous voici sortis du schéma manichéen: Claude BEBEAR se positionne sur trois places dans le jeu de go institutionnel: je veux faire du profit, je négocierai comme il se doit un cahier des charges précisant le cadre de solidarité, c’est à l’Etat d’imposer et de contrôler ce cadre que je respecterai. Le profit est légitime, la négociation ferme, le respect des engagements à mettre au crédit.

L’homme affronte le dialogue journalistique droit devant: pas de langue de bois, pas d’évitement, on est franc, habile, direct. Les photos reflètent toujours la rencontre du photographieur et du photographié. Celles de Claude BEBEAR montrent l’homme de dialogue et de passion, et parfois, fugitivement, le regard de combat des portraits qu’on publie de lui habituellement.

Sur le poids des charges sociales facteur de concurrence inéquitable, et sur les modes de responsabilisation des acteurs, Claude BEBEAR sacrifie à quelques idées reçues. Mais il accepte le dialogue. Sur les problèmes d’Assurance maladie, c’est un grand professionnel qui parle.

Le Président de l’Association des Anciens élèves du CNESSS, gardien sourcilleux de la solidarité, face à Claude BEBEAR, chantre du libéralisme triomphant, cela a-t-il un « sens » comme on dit aujourd’hui? Rien ne sert de se cacher derrière son bréviaire éthique, un partenaire ou un adversaire, cela s’affronte dans le dialogue, pas dans les imprécations. Et tous les assureurs, qu’ils soient primaires ou « complémentaires », publics ou privés, ont aujourd’hui un problème commun à gérer: le système de soins.


Compte rendu d’une heure et demie d’interview débat