H M O made in U.s.a |
Reportage: Gérard ARCEGA (extraits)
| DE LA REDUCTION DE COUTS A LA MAITRISE MEDICALISEE |
Résumons lhistorique en quelques mots : Les employeurs qui ont un peu dimportance payent aux Etats unis des cotisations pour lAssurance maladie de leurs salariés. Cela relève plus semble-t-il, du droit coutumier que de la Loi, et par ces temps de marché tendu en matière dembauche, cest devenu un élément de salaire indirect important pour attirer les travailleurs convoités. Il y a de cela quelques années, les employeurs sémeuvent des taux de progression extravagants des sus-dites cotisations : il ny a pas quen France quon collectionne les records dinflation en matière de dépenses de soins, cest même un phénomène international. On décide donc de prendre le problème en main, et de «manager le système de soins», à laméricaine, cest le « managed care », dont la HMO est la concrétisation emblématique. Les Employeurs achètent donc pour leurs salariés une couverture santé organisée par une HMO, à un prix compétitif, car la chaîne de soin est gérée, organisée, évaluée par des professionnels du management : la restructuration du système est mise en oeuvre, avec les moyens dont lefficacité est connue de tous: conventionnement sélectif, gate keeper (abonnement auprès dun généraliste, et même dun groupe de professionnels de soins), intéressement des médecins aux résultats, médicaments référencés ou génériques avec achats en direct, report sur les infirmières des actes de préparation à la consultation, etc.... Dans un premier temps, le but avoué est de réduire les coûts: le résultat est à la hauteur des espérance: par rapport à une assurance classique couplée à un système de soin libéral payé à lacte, le coût des cotisations est diminuée radicalement: 2,5 fois à 3 fois moins cher. Lopération de restructuration et de réorganisation du système de soins réussit, et entraîne bien sûr des économies massives. Evidement, les professionnels de santé hurlent au « rationnement des soins ». Un des candidats en campagne électorale pour les élections du gouverneur de Californie na pas hésité pendant notre séjour, daffirmer crânement que les soins devaient être décidés par « des médecins, et non par des comptables ». Vérité identique en deça et en delà de lAtlantique. Or, deuxième temps et divine surprise, des employeurs progressistes et éclairés se rendent compte que les gaspillages financiers sont synonymes de mauvaise qualité des soins, comme quoi un bonheur ne vient jamais seul. Quoiquen dise les politiciens démagogues et une presse complaisante, on peut faire du « business » en promouvant la qualité de la santé, un new deal idéal! Aussitôt fleurissent des sociétés qui se lancent dans la recherche de la qualité et la réduction des coûts. Le système américain est efficace et pragmatique: pas détats dâme, des sociétés hyper spécialisées ne font que de lévaluation de qualité, dautres établissent des références de bonnes pratiques, dautres enfin font de la « réduction de coût », et tout ce petit monde en concurrence vend tout cela aux HMO et aux employeurs. Les techniciens du manage care entreprennent donc dans un deuxième temps une opération de transfert éminemment délicate: transformer les gaspillages du système de soins et les hauts niveaux de revenus des professionnels de santé en bénéfice au profit des HMO et des cotisations employeurs. Où en est-on aujourdhui? Les
HMO ne sont pas encore la règle générale. La prise de
conscience que la qualité est plus efficace que le
simple rationnement des soins pour réduire les coûts
semble encore être la caractéristique seulement
dune avant-garde éclairée demployeurs. Les
sociétés qui évaluent les pratiques et réduisent les
coûts se font racheter par les uns, tentent de résister
aux pressions des autres. Les médecins réagissent, en
fondant leurs propres HMO, qui, quand elles ne font pas
rapidement faillite, apportent sur leur marché leur
compétence spécifiques dans la distribution des soins. Au bout du compte, tout cela fonctionne, on est soigné mieux et pour moins cher, et on a pris, par rapport à la France, 10 à 20 ans davance, dexpérience, de techniques, de savoir faire, et surtout....dévolution des mentalités : cest en définitive dans ce dernier domaine quon a, en France, le plus de progrès à faire. Encore faut-il comprendre que les HMO en tant que telle ne sont quune technique dorganisation et dévaluation du système de soins, elles sont donc culturellement neutres, et ninfluent pas sur léthique. Lassureur lui, peut-être public, privé, avec ou sans but lucratif. La seule vraie question est de savoir lesquels de ces acteurs ont le plus marge pour imposer une telle restructuration aux professionnels de santé. |
| Léventail des HMO : de la dimension industrielle au service public |
KAISER
PERMANENTE INTERNATIONAL :
Loffre de soins à dimension industrielle en gestion
directe
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Première visite, ambiance garantie : KAISER PERMANENTE, 500 000 adhérents en Californie, 9,5 millions dans tous les Etats où elle est présente, gratte ciel cossu, salle de réunion feutrée, présence de la correspondante européenne, au cas où un directeur de caisse serait pris dune irrésistible et soudaine envie dacheter un savoir faire tout prêt sur le marché. Il parait que la dame a des contacts en France, on sinterroge, secret commercial.
KAISER est une organisation à double détente : une structure de gestion négocie avec une structure de soins. Cest de la «gestion directe»: médecins salariés, hôpitaux propriétaires. Le monstre vient en plus de racheter quelques menus concurrents quil aurait du mal à digérer. Frais fixes importants, afflux de clientèle imprévue en cours dannée (obligeant à négocier avec des sous-traitants en catastrophe), lourdeur de la gestion, KAISER affiche du déficit sur le dernier exercice, et réagit en cherchant à substituer aux établissements gérés directement un système de sous traitance.
Mais on est très « pro » chez KAISER. On lest tellement, quon a compris que le « ticket modérateur » («copaiement» en Américain), ne modère rien du tout, et ne fait que rassurer les employeurs: mieux vaut en effet ne pas décourager les consultations de premier niveau, qui évitent des frais bien plus important ultérieurement. Par ailleurs, ont fait de la prévention à une échelle industrielle: prévenir les maladies, cest prévenir les dépenses.
REDWOOD HMO SANS BUT LUCRATIF : Vive le Gate Keeper !
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Deuxième visite : on passe de lindustriel à lartisanat. Redwood est une filière à dimension plus modestes (100 000 adhérents), fondées par des médecins en réaction à limpérialisme de KAISER. Cest une filière rurale, à but non lucratif, qui sous traite avec des hôpitaux, et des équipes de libéraux payés par prélèvement sur les cotisations. On affirme privilégier la qualité (la HMO est bien notée par les évaluateurs de coûts). On ne jure que par le « gate keeper » pour responsabiliser les comportements. On évite de virer brutalement les médecins qui coûtent trop cher: dans ce cas là, un « senior » les tient par la main pour leur apprendre à mieux prescrire.
On est conscient chez REDWOOD que pour grandir il faut devenir à but lucratif, lassise financière nécessaire étant dune autre échelle.
CIGNA : lAssureur converti aux HMO
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CIGNA est au départ un assureur classique: gratte ciel cossu, salle de réunion feutrée, intervenants très pro. CIGNA propose différents types de couvertures: depuis lassurance classique couplée au paiement à lacte, jusquà la HMO pure et dure avec passage obligé par le gate keeper, on conjugue toutes les possibilités doptions plus ou moins libérales, liées à plus ou moins de cotisations. Dans ce monde merveilleux de cohérence, si on exige toutes les libertés, comme en France, celles de consulter qui on veut quand on veut, cest simple, on cotise plus cher: pour une assurance « à la française », cest 2,5 fois plus cher que pour une HMO.
CIGNA fait un effort de rationalité particulièrement remarqué dans la distribution des médicaments: listes de génériques, distribution par voie postale avec incitation financière, accord avec des fournisseurs, droit de substitution aux pharmaciens.
LES HMO PUBLIQUES
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Pour être plus exact, il sagit dacheteurs publics, en loccurrence lEtat de lOREGON, qui se sert de HMO, et qui abonde financièrement les cotisations des adhérents, afin délargir les couvertures santé des plus démunis, ceux de MEDICAID. Le donneur dordre est plublic, mais pour faire du social, il se sert de prestataires privés, spécialistes de vente doffre de soins: cela lui coûte bien moins cher quune assurance classique. Les premières HMO semblaient dailleurs avoir la réputation dêtre réservées à une médecine de pauvre. On pourrait peut-être en France monter une HMO pour les bénéficiaires de laide médicale départementale?
LES «REDUCTEURS DE COUTS»
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La mission a visité trois sociétés spécialisées dans les « réductions de coûts ». A vrai dire, la première FACCT, se présente comme une boîte qui évalue la qualité des soins des HMO. Mais quand on sait que la qualité réduit les coûts, on comprend que les acteurs concernés achètent ses produits. La technique repose sur des interviews dassuré, mais aussi sur des suivis de pathologies à partir déchantillons représentatifs. Il sagit en effet de dépasser le stade de « la qualité perçue », éminemment trompeuse en matière de soins, pour apprécier « la qualité reçue », ce qui nécessite un minimum dexpertise médicale que les assurés nont pas. Les médecins français épinglés qui mettent en avant linévitable satisfaction de leurs patients ont bien du chemin à faire. Les résultats sont proposés aux acheteurs de soins, et doivent faire lobjet de documents de vulgarisation à lattention des consommateurs, car certains employeurs proposent à leurs salariés un choix entre plusieurs HMO.
La seconde société, Millimar et Robertson, édite et vend des « guide line », destinés à compresser les coûts, notamment en matière de durée dhospitalisation. La méthode consiste à chasser tous les temps inutiles, tous les moments dattentes, cest un guide de procédure, qui doit être mis en oeuvre par une « case manager », qui suit le déroulement des opérations, et optimise les délais et les transferts (une « case manager » est une infirmière chargée de gérer les différentes étapes de lhospitalisation dun patient). Lidée est que lendroit doit être adapté au soin, et que cest endroit nest pas à toute force une structure coûteuse comme lhôpital, réservé aux actes techniques lourds. Une opération même importante, peut être ainsi réduite à 5 jours dhospitalisation, le suivi étant assuré à domicile ou en maison de convalescence. La sortie est toujours malgré tout décidée par un médecin.
La troisième entreprise visitée, « CARE WISE », part du principe que la fort taux dauto médication doit être guidé, pour transformer une calamité de santé publique en un acte vertueux évitant des consultations inutiles. Sur ce genre de sujet, en France on fait de lincantation, on se voile la face en faisant semblant de ne pas voir le problème, ou pire on moralise à propos de « lirresponsabilité des comportements ». Aux USA on passe à laction: Des guides dauto médication, des courriers permettent aux assurés de mieux apprécier leurs propres diagnostics, car on a décidé de leur transmettre un minimum de savoir médical. Ces documentations sont donc vendues aux employeurs et aux HMO à destination de leurs assurés. De plus un « call center » permet déviter les consultations inutiles, en jouant le même rôle que le « 15 » en France, mais avec des « nurses » qui assurent la régulation, encadrées par quelques médecins. Des logiciels experts aident les écoutants à répondre aux assurés. Le call center offre ses services dans plus dune centaine de langues, il en existe aussi un en Afrique du Sud, et un autre en langue Espagnole est prévu. On comprend mieux pourquoi AXA a prévu un call center dans sa filière. CARE WISE propose de rembourser ses clients sil ne leur fait pas faire les économies annoncées: 3,6 dollars pour 1 dollar investi.
Les gardiens de l'éthique :
ETAT CONTRE GROUPES DE PRESSION, OU LOBBIES CONTRE
LOBBIES ?
Il est surprenant pour un gestionnaire français de voir des sociétés à but lucratif commercialiser des guides de bonnes pratiques, ou faire de lévaluation. Cest ainsi que le conseil dadministration de FACCT est constitué demployeurs, et certains de ses dirigeants auraient eu des intérêts dans des HMO. Certains dentre nous ont été très choqués de constater que lEtat napporte aucune garantie à des acteurs qui sont juges et parties, ou intéressés financièrement.
Pour être honnête, il faut préciser quil y a dans le Conseil dadministration de FACCT aussi des associations de consommateurs et des représentants de retraités. Certaines de ces sociétés nous ont dit aussi avoir résisté à des pressions de la part dacteurs intéressés du système de soin.
Limpression générale au bout du compte, et que toutes les pressions de groupes dont les intérêts se croisent et senchevêtrent, finissent par sannuler réciproquement, laissant aux évaluateurs une large marge de manoeuvre. Après tout, les patrons nont nul intérêt objectif à influencer des sociétés qui vont leur indiquer la HMO qui offrira le meilleur rapport qualité prix à leurs salariés.
LES DESESPERADOS DU SERVICE PUBLIC
Et que dire de ce qui se passe en France? Nous sommes complètement désarmés devant des abus médicaux coûteux, et parfois même dangereux. Quon se rappelle le rapport dun médecin conseil national sur la « délinquance médicale », toujours impunie à ce jour. Quand à lEtat, il subit de telles pressions des industriels et des professionnels de santé, quil a fallu des années par exemple, pour quenfin les prothèses de hanches soient inscrites au TIPS. Cest tout juste si Patrick NEGARET, qui a géré ce dossier, na pas été mis en cause par la presse et les tribunaux: un comble!
Que vaut-il mieux? Des contrôleurs privés efficaces, qui finissent par échapper à des pressions tellement nombreuses et dispersées quelles sannulent? Ou un Etat et un service public qui ne peut résister que très difficilement à un puissant faisceau dinfluences, toutes concentrées sur des homme politiques?
Groupe de pression contre Etat, ou lobbies contre lobbies? Les désespérés du Service public commencent à se poser des questions.....
LES PRIX POUR LE DIRE
Aucune étude actuarielle nest faite en France, qui connaît le coût moyen dune cotisation dassurance maladie ?
En France, les taux de cotisations identiques assis sur des salaires déplafonnés mettent en oeuvre une solidarité entre génération, actifs et malades. De plus, elles assurent une redistribution des revenus entre riches et pauvres, et entre cotisants et ayant droits assurés gratuitement ou presque (enfants, conjoints qui ne travaille pas, retraités). Lintroduction de la CSG, partiellement déductible, ne simplifie pas la « lisibilité du système », comme on dit aujourdhui. ELAN SOCIAL ouvrira un dossier sur ce sujet dans lavenir.
En attendant, a titre indicatif, et en simplifiant beaucoup, on peut indiquer que la cotisation « assurance personnelle » payée (quand ils payent!) par les gestionnaires de laide départementale soit disant « gratuite », est proche de la dépense moyenne dun assuré: autour de 12 000 frs par an. Un SMICARD, entre les parts soit-disant patronales et les parts prétendument salariales, cotise à peu près la même somme, soit environ 1000 frs par mois. Un employé à 10 000 frs cotise plus de 2000 frs par mois. Un Cadre à 25 000 frs par mois net, cotise pour plus de 20 % de cette somme, soit au moins 5000 frs par mois, plus en réalité, mais le calcul CSG doit être affiné pour le savoir exactement. A cela sajoute évidement les cotisations complémentaires, dont les parts payées éventuellement par lemployeur ou des comités dentreprise, plus bien sûr toute la TVA qui sapplique aux prestations de santé (médicaments, labo, etc....).
Aux Etats unis, La cotisation moyenne pour bénéficier des services dune HMO nous a été chiffrée à environ 150 dollars par mois, soit pour un dollars estimé à 6 frs, 900 frs par mois, moins que celle payée par un SMICARD Français. Par contre, il faut compter 400 à 450 dollars pour une famille, 450 dollars pour MEDICARE (personnes âgées), soit 2700 frs par mois.
Ces sommes représentent la cotisation moyenne que la HMO facture à lemployeur. Celui ci peut en faire supporter une plus ou moins grande partie à ses salariés: par exemple, la part « patronale » peut être plus importante pour les employés chargés de famille (jusquà 50 % de la cotisation). Les cotisations des personnes âgées sont payées par MEDICARE.
Un assureur Américain facture les cotisations selon léchelle suivante: En supposant que le coût HMO est une base 100, la cotisation POS (accès direct au spécialiste possible mais limité): 120. PPO (libre accès médecins): 180. Indemnity plan (assurance classique couplée au paiement à lacte): 250. De même, les remboursements sont modulés (100 % sans franchise en HMO, 80% plus franchise en Indemnity plan).
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LES HMO SONT UN ECHEC, |
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| Le prélèvement par rapport au PIB est effectivement le plus élevé du monde. Mais les HMO constituent justement la réponse aux progressions du coût du système de soin. Le montant des cotisations facturées par les assureurs aux employeurs est 2,5 à 3 fois moins cher pour ceux qui traitent avec une HMO, que pour ceux qui se contentent dune formule dassurance classique, couplée au paiement à lacte. | Et en plus, il font du bénéfice.
Imagine-t-on les cotisations maladie en France
diminuées, et la sécu transformant son trou en
excédent? Les HMO nexistent pas depuis longtemps aux Etats-unis. Si elles se répandent, le coût du système de soin devrait diminuer massivement. |
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Les HMO rationnent les soins |
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| Avec la quantité de gaspillages,
aussi importante quen France, il y a de la marge
avant den arriver à « rationner les
soins ». Ce qui est surtout rationné, ce sont les
revenus des professionnels de santé (ceux des médecins
ont diminué de 5% en 3 ans). Les HMO transforment les gapillages et des revenus indus en bénéfices. |
Il y a une réjouissante justice
dans le libéralisme pur et dur! Aujourdhui, on a compris aussi que la qualité est le meilleur garant de la maitrise des coûts. Au lieu de rationner, on évalue, cest plus vertueux et ça rapporte. en France, on appellerait ça de la maitrise médicalisée. |
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Les HMO excluent les pauvres |
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| Le système Américain est plus
nuancé quon ne limagine. MEDICARE et
MEDICAID prennent en charge les plus démunis et les
personnes agées. Les employeurs importants cotisent pour
leur salariés. Entre les deux, il y a un « trou », et comme en France, ceux qui ne sont pas assez riche pour bénéficier de lAssurance maladie, et pas assez pauvre pour être pris en charge par des systèmes dEtat, se trouvent en difficulté. Mais parmi les non assurés, il y a aussi une marge importante daméricains qui refusent de sassurer au nom de la liberté individuelle. |
Lhistoire ne dit pas qui paye
leurs soins le jour où ils ont un gros problème de
santé: on les laisse mourir, ou cest le
contribuable qui règle laddition? Dans cette affaire, les HMO sont « neutres »: il sagit simplement dun outil de « managed care », qui se vend indifférement aux assureurs publics ou aux patrons, pour offrir une filière de soins de qualité et au moindre coût. A la limite, les performances des HMO permettent au contraire aux organismes publics daméliorer la couverture sociale quils mettent en oeuvre, comme nous lavons vu dans lOregon. |
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Les HMO excluent les mauvais risques |
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| Là encore, laffaire mérite
plus de circonspection, dautant plus que cest
le point le plus sensible, celui qui met en oeuvre ou pas
la solidarité entre malades et bien portants, entre
cotisants et ayants droit. Mais là encore, la HMO nest quune technique, un outil de management: Quand un employeur sadresse à un assureur, celui ci fait une étude actuarielle à partir du profil des salariés, de leur âge, leur situation de famille, etc...Un coût moyen de cotisations est alors proposé, plus ou moins cher selon quon accepte les contraintes dune HMO, ou quon exige toutes les libertés dune assurance « à la Française ». Mais le montant payé par tous les salariés de lentreprise sera identique, quelque soit leur âge et leur situation de santé. Ceux qui ont une famille paieront un forfait plus cher, mais inférieur aux nombres de « têtes » assurées, et plafonné à 3 enfants, les suivants étant gratuits (le système est identique en Suisse). |
Cest donc lemployeur,
qui en « lissant » la cotisation, et en
répartissant les parts « patronales et
salariales », qui assure la solidarité entre
individus, et non lassureur lui même. Certes, la solidarité est limitée à lentreprise. On peut penser quune entreprise de mineurs avec un personnel très âgé se retrouvera avec une cotisation moyenne bien plus chère quune boite de jeunes informaticiens, sauf à mettre en oeuvre des compensations interprofessionnelles et démographiques, à la Française. Pour autant, il existe quand même une solidarité partielle du risque aux USA, mais qui nest pas liée à la technique des HMO. |
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Les HMO sont un système ultra moderne, la France est en retard |
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| Au niveau des concepts, et sur le
strict plan technique, nous ne sommes pas en retard du
tout : Les filières et réseaux, ce sont des HMO,
purement et simplement. Toutes les techniques des
réduction de coût, de référencement des actes
médicaux, dévaluation de la qualité des soins,
sont connues, en cours délaboration, voire même
mises en oeuvre en France. On risque même dêtre
en avance avec le codage de tous les actes, que les
américains nont pas, puisquils font de
lévaluation sur interview et à partir
déchantillons représentatifs. Mais les Américains utilisent les techniques de références et dévaluation de façon méthodique et systématisée, à partir dentreprises concurentes spécialisées: on ne sait pas plus de choses quen France, on est pas forcément plus en avance, mais on est infiniment plus efficace en utilisant de façon plus performante les mêmes moyens. |
Evidemment, les professionnels de
santé qui travaillent dans les HMO sont informatisés
sans quon ait du les « payer pour faire le
travail de lassureur »: on vit de
lautre côté de lAtlantique, dans un monde
« normal ». Nous sommes
par contre très en retard en matière de mentalité : le
pouvoir disproportionné donné aux syndicats médicaux
pérennise limmobilisme mortel dune
profession qui ne comprend pas quelle ne
bénéficiera pas éternellement dun marché
protégé et remboursé. |
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