Dossier |
La modernité virtuelle de la sécu française |
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Dans le vocabulaire langue de bois de lUNEF des années 60 on parlait des majo. et des mino., en fonction dune ligne de partage énigmatique pour les "simples " étudiants. On peut reprendre ce bon vieux vocabulaire en ce qui concerne lutilisation dinternet en France.
Dans le classement des 14 pays les plus branchés sur internet, la France était absente en 1996, la Finlande et lIslande passaient devant les USA qui précédaient de peu la Norvège. Le premier pays européen " continental " était la Suisse (9ème rang) suivi des Pays Bas, du Danemark, du Royaume Uni et de lAutriche. Ces positions indiquées dans lHebdo cité en chapeau de cet article voulaient illustrer le rôle premier du système éducatif mais les Suisses ont lesprit pernicieux car ils nont pu sempêcher de rappeler la question de Jacques Chirac lors de linauguration de la Grande Bibliothèque : quétait donc ce petit objet en plastique à côté de lordinateur ? une souris ...
Les " mino. et les majo ", cest une ligne de fracture que lon retrouve aussi dans la Sécu dès quil sagit de nouvelles technologies. Pourquoi utiliser Internet disent encore beaucoup de Directeurs. Jai " trop à faire ", " je dois utiliser au mieux mes moyens insuffisants pour ce qui est urgent et prioritaire " ou encore ma " clientèle " dassurés ou dallocataires " ne correspond pas " à cet outil.
Quand on dit que la clientèle ne correspond pas, on veut souvent évoquer les plus pauvres mais aussi ceux qui sont les handicapés de linformatique (et pas forcément pauvres) et puis, il y a les Directeurs, les plus nombreux certainement, qui ne voient pas ce quils pourraient faire de cet outil alors que lon a déjà lécrit, le téléphone, les accueils physiques, les fax, le minitel, les messageries, les visites à domicile : toute une panoplie qui paraît suffire en 1998. Certains, dailleurs, se gaussent de leffet de mode et brocardent leurs collègues qui montent dans le train pour " ne pas avoir lair de " ...
Pour les mino. - une infime minorité actuellement - il ne faut pas rater le cap dune nouvelle technologie. Ils se souviennent que les Français ont rechigné devant le téléphone (la honte du 22 à Asnière), que les intellectuels ont longtemps boudé la télévision (réservée au peuple) et que lexplosion toute récente du marché du téléphone portable a de la peine à cacher notre retard par rapport à certains pays dits en voie de développement (le Brésil par exemple).
Alors cette petite minorité (mais qui grossit tous les jours) est décidée à sy mettre, même si les premières pages des premiers sites sont imparfaites : elles ont le mérite dexister et elles vont continuellement saméliorer. Cette minorité est décidée à montrer la modernité des caisses et leur savoir-faire qui doit sadapter aux besoins daujourdhui : la concision, la précision et surtout la rapidité. Alors pourquoi pas une boite postale (un E-mail pour les branchés) ou encore un site avec des possibilités déchanges (les forums) et de passage vers les autres vecteurs de communication (le minitel, le téléphone etc.) ?