E d i t o r i a l |
Polémique autour des prélèvements |
Réforme du financement de la Sécurité sociale. Les rapports fleurissent comme au printemps. Point commun: personne ne cherche à savoir comment la Sécurité sociale doit être financée, à partir de quelles fondations éthiques. Le seule but, obsessionnel, est l'emploi. Dans cette partie de billard un peu folle, on joue avec une boule pour faire bouger une autre boule destinée à en mouvoir une troisième: on veut se servir de la sécu pour servir l'emploi, ce qui illusoire et pervers. Si la sécurité sociale était bien gérée, la part de prélèvement qui ne sert qu'à entretenir la rente de situation de nombreux lobbies serait libérée pour l'économie réelle, créant ainsi des emplois, de vrais emplois, qui investissent dans la création, l'innovation et l'exportation. Au lieu de cela, on tente désespérément de faire faire aux cotisations ce pourquoi elle n'ont jamais été conçues, c'est à dire créer des emplois, en les allégeant, les lissant, les triturant dans tous les sens, en cherchant de nouvelles bases et de nouvelles recettes à l'infini, alimentant la pensée complexe, brouillonne et confuse d'économistes coupés des réalités.
Les prélèvements sociaux sont-ils trop élevés, en fait-on bon usage?
Polémique autour du sujet : Gérard ARCEGA d'un côté, Gérard GILMANT et Jean-François CHADELAT de l'autre, sont en désaccord complet sur le sujet. Pour le premier, on prélève inutilement toujours plus, sur un mode indolore qui permet tous les laxismes, pour un usage mal acquit. Pour les seconds, les prélèvements sociaux sont des investissements sociaux, qui ont des retombées sociales et économiques vertueuses. Le débat est ouvert, il est passionné, mais il est grave. Que chacun y forge sa propre conviction, pourvu qu'on sorte des clichés, des idées reçues, des "pensées uniques bien pensantes".
| CMU : LA BOMBE DE DEPENSE A RETARDEMENT |
Le projet CMU poursuit son parcours du combattant. Pierre ROUSSEAU pour l'Association des directeurs de CPAM, Gérard ARCEGA pour l'AECNESSS, ont été entendus par des Parlementaires qui sont en consultation. On semble parti pour remettre en cause la possibilité pour les CPAM de gérer la complémentarité des exclus. Ce qui avait été concédé sans états d'âme aux conseils généraux pose problème dès lors qu'il s'agit de la Sécu!
L'avenir dira si le lobby de la complémentarité gagnera. Quoiqu'il en soit, on leur souhaite bien du plaisir. Le remboursement à 100% et le tiers payant dans un contexte libéralo laxiste non régulé, c'est à dire sans filière de soins, est un amplificateur massif de dépenses. Les professionnels de santé peu scrupuleux qui profitent déjà du système de l'aide médicale départementale vont trouver là un extraordinaire fromage. On prédit sans risque une explosion des dépenses CMU. D'ici là, les responsables seront peut-être ailleurs?
Nous persistons à demander un remboursement à 100% par l'Assurance maladie seule, de ce qui est médicalement nécessaire et suffisant, dans le cadre de filières de soins, d'abord aux exclus, puis à tous les assurés. Hors de cette nécessaire refondation, on court droit au désastre financier, sanitaire et social.
TABAC : IL N'EST PAS INTERDIT D'INTERDIRE |
Procés contre les fabricants de tabac. On ne fait pas du vedettariat médiatique à l'américaine, on fait son travail d'assureur, de responsable de santé publique et de prévention. Interview pour s'expliquer.
LE PRESIDENT
G. ARCEGA
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