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LE PLAN STRATEGIQUE CNAMTS
35 mesures pour 60 milliards.

Le plan stratégique de la CNAMTS a été mis en débat dans toute la France. La CNAMTS dialogue au niveau national, les CPAM et les URCAM portent la bonne parole dans les chaumières provinciales, le directeur de la CNAMTS descend dans les régions faire un de ces " one man show " dont il a le secret, gare à ceux qui posent une question au ras des pâquerettes, car ils risquent d’y être renvoyés.

La stratégie marketing du susdit " plan stratégique " est un intéressant exercice de style : le produit est austère, la lecture en est aride, l’intrigue guère affriolante, les nouvelles modérément réjouissantes pour bien du monde. Les Caisses qui montent au créneau pour tenter de convaincre le bon peuple de l’évidente nécessité d’en passer par les mesures en question rencontrent des succès divers, qui vont de la résignation dans les régions traditionnellement les plus paisibles, à l’affrontement par tracts et journalistes interposés dans les terres plus agitées. Bref, le produit est bon, mais l’emballage aurait peut-être gagné à être plus attractif, notamment à l’attention des assurés. Mais une campagne de communication à l’attention de ces derniers est en cours.

UNE SITUATION INEDITE

La situation est en tout cas inédite. Ordinairement, un gouvernement n’aime pas vraiment devoir prendre des décisions qui fâchent, surtout si des échéances électorales approchent. La tentation est grande de gérer suffisamment de palabres et d’inertie pour faire durer l’inaction le plus longtemps possible, surtout après les aventures du plan Juppé. Mais cette fois, pas moyen de noyer le poisson, impossible de botter en touche, inutile de faire semblant de pas l’avoir vu : une majorité de la CNAMTS met sur orbite un plan dont les mesures courageuses vont fâcher beaucoup de monde influent, avec une menace de démission à la clé. En plus on insiste, on met le plan en débat dans toute la France, on lance une campagne de pub nationale. Comment faire pour prendre un air le plus ministériellement détaché, quand de surcroît on s’attaque à la saco-sainte forteresse hospitalière?

LA FORTERESSE HOSPITALIERE

Au fait, qui doit gérer l’hôpital, et d’où vient cette prétendue légitimité de l’Etat à s’en réserver le monopole? L’hôpital est bien financé par les cotisations prélevées par les URSSAF, et ses dotations sont bien payeés rubis sur l’ongle chaque mois par les directeurs de CPAM. On se perd en conjecture sur les fondements citoyens de cette affirmation. Cela dit, le déficit par contre est considéré comme étant entièrement de la responsabilité des caisses. De toute façon, quelqu’un gère-t-il vraiment la forteresse syndico-médico-municipale?

Le plan stratégique propose entre autres quelques mesures de bon sens pour tenter d’infléchir un peu l’installation des professionnels de santé. C’est un essai pour restructurer sans trop de traumatismes sociaux et humains la sidérurgie sanitaire nationale. Si cela échoue, après nous, non point le déluge, mais le privé?

LA SAINTE ALLIANCE

Quoiqu’il en soit, le 5 juillet venu, on a réuni à Paris toutes les forces vives de l’Institution pour présenter les résultats du débat. Ce fut un événement : pour la première fois sans doute, on a vu autour de la table non seulement tous les régimes obligatoires (Général, agricole, TNS  et spéciaux), mais aussi à peu près tous les assureurs complémentaires (FNMF, FFSA, CETIP).

Ils étaient tous là, ils sont venus, tous ensemble, et parfois un peu étonné quand même d’y être côte à côte. C’est un symbole, mais aussi une évidence : le problème de l’Assurance maladie n’est pas essentiellement celui de l’opposition des professions de santé. Il est d’abord celui de l’isolement, et la première faiblesse des assureurs est leur division. Dès lors que ces derniers forment une sainte alliance, tout est possible.

CITOYENNETE SANITAIRE

Le directeur le président et la majorité de gestion de la CNAMTS ont compris cela, et réussi à réunir autour d’une même volonté tous les partenaires, ce qui constitue une force incontournable, que ni les professionnels de santé ni les gouvernements ne pourront ignorer.

Enfin on a noté avec un grand intérêt les propos de Gilles Johanet citant le premier Ministre Lionel Jospin à propos des mesures prises concernant le droit des malades, et affirmant, à travers le plan stratégique, l’avènement d’une " citoyenneté sanitaire ".

 

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Daniel Lenoir Daniel Postel-Vinay
Directeur CANAM
Jeannette Gros, Présidente nationale de la MSA de gauche à droite :
-Jean-Louis Faure, CETIP
-Jean-Louis Bancel, FNMF
-Jean-Pierre Moreau, FFSA
Hubert Allemand, Médecin Conseil National

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