La nouvelle classification
du régime
général : sortir de l'impasse
La position de l'Association sur cette question,
rédigée par notre collègue Gilles Huteau.
Sous l'effet des multiples changements auxquels
elle est confrontée,
la Sécurité sociale voit ses métiers évoluer
d'année en année. Sans conteste, l'immense majorité des
cadres et agents de direction y voient une marque de dynamisme et un
gage d'avenir, même s'ils se trouvent dans le même temps
confrontés à de nouveaux motifs d'inquiétude.
Ainsi, après l'échec de la mise en place de la nouvelle
classification des employés et cadres dans le régime
général, une interrogation se fait de plus en plus criante
sur la capacité de l'institution à accompagner sur le
plan social les mutations de ses activités.
Il est vrai que la problématique de la gestion des ressources
humaines est désormais bien différente de celle posée
au début des années 90, période à laquelle
a été élaborée la classification des employés
et cadres encore en vigueur. Celle-ci était alors fondée
sur un répertoire de postes assez limités en nombre et
facilement identifiables à partir d'emplois-repères,
au risque d'aboutir à une standardisation bureaucratique des
emplois, elle-même susceptible de se transformer en carcan rigide
pour les salariés du régime général. Or,
maintes fois avérées au cours des dernières années,
ces dérives condamnent inéluctablement la classification
actuelle. En effet, l'évolution des métiers des organismes
appelle une approche renouvelée de la gestion des compétences
et donc, une classification davantage en mesure de prendre en compte
les savoirs, les savoirs faire et les savoirs être des employés
et cadres, et par delà, leur apport à la performance
collective.
Ajoutons encore que l'adoption d'une nouvelle
classification des emplois semble d'autant plus impérative qu'à partir de l'horizon
2006, le régime général, à l'instar des
autres régimes, va devoir procéder à des recrutements
en nombre plus important pour compenser des départs massifs
d'employés et cadres, alors même que le marché de
l'emploi devrait connaître quelques tensions sous l'impact du "papy
boom".
Quelques questions régulièrement abordées dans
les débats de l'association suffisent d'ailleurs à souligner
l'acuité du problème pour les gestionnaires des organismes
:
- les salaires de départ offerts par le régime général
aux nouveaux embauchés sont-ils encore attractifs et qu'en
sera-t-il à partir de 2006 ?
- le maintien d'une classification "à bout de souffle" est-il
compatible avec une vraie gestion managériale des compétences
des personnels ?
- la politique des rémunérations dans le régime
général peut-elle être principalement déterminée
par l'augmentation de la valeur du point ?
Sans conteste, toutes ces questions recueillent
de notre part une réponse négative.
Aussi, gageons que la reprise des négociations sur la nouvelle
classification permettra de sortir de l'impasse actuelle, ne serait-ce
que parce qu'elle peut révéler que l'accord mort-né du
mois d'avril dernier n'était pas si mauvais…